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Made in France: "Les vrais signaux doivent être donnés par les hommes politiques"

Gilles Attaf, en mai 2015.

Gilles Attaf, en mai 2015. - BFM Business

Jeudi et vendredi, la plupart des candidats à l’élection présidentielle se rendra aux Assises du Produire en France. Gilles Attaf, patron de Smuggler, dernier fabricant de costume Made in France, y attendra un peu plus que des déclarations d’intention.
  • Est-ce que vous avez l’impression que le "Made in France" est devenu un vrai sujet de la campagne ?

Ce sera un des enjeux essentiels. Ceux qui ne sont pas aux Assises envoient un mauvais signal quant à leur envie de réindustrialiser la France. Jusqu’à maintenant, on a réussi à ne mobiliser les politiques qu'au moment des campagnes électorales. Maintenant on attend des mesures réelles. Il faut qu’un "small business act" à la française soit mis en place, qui permette aux PME françaises de produire. Il faudrait réserver une partie des marchés publics aux entreprises françaises, par exemple.

  • Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui le "Made in France" de devenir plus global en terme de consommation?

Il y a d’abord une problématique de faisabilité: il y a beaucoup de filières qui ont disparu et le savoir-faire qui va avec aussi. C’est un des créneaux de Smuggler, faire savoir qu’on est le dernier fabricant français de costume. Il faut aussi réduire drastiquement les charges sur les entreprises. La compétitivité est liée à ça, c’est l’enjeu n°1. Nous on est sur un segment où il y a une petite marge de manœuvre sur le prix de vente. Mais pour un phénomène de grande ampleur, il faut absolument une baisse des charges qui nous permette d’être compétitif.

  • Qu’est-ce qui vous fait dire que le "Made in France" peut marcher aujourd’hui ?

Les consommateurs ont besoin de traçabilité. Il y a une envie de consommer différemment, mieux, des produits de meilleure qualité, qui durent plus longtemps. On paie avec sa carte bleue, et on participe à quelque chose qui va au-delà de l’achat, c’est essentiel. L’achat citoyen est en train de faire son chemin, mais maintenant il faut qu’il y ait des vrais signaux. Et ils doivent venir des hommes politiques, il faut qu’ils montrent l’exemple. Aujourd’hui sur les marchés publics par exemple, c’est "faites ce que je dis, pas ce que je fais".

AM