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Maisons de naissance: "pas de surmortalité dans les autres pays"

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Le décret sur l'expérimentation des maisons de naissance est paru ce week-end. Les femmes pourront désormais accoucher dans ces lieux tenus par des sages-femmes. Seules les grossesses sans risques seront prises en charge. Certains gynécologues restent toutefois sceptiques.

Accoucher sans êtres hospitalisée. Les premières maisons de naissance expérimentales vont ouvrir en France. Le décret les autorisant est paru ce week-end dans le journal officiel. Ces structures seront tenues par des sages-femmes, qui assurent le suivi des grossesses et des accouchements, mais seulement pour les grossesses qui ne sont pas à risque.

Le but: permettre à des femmes d'accoucher sans hospitalisation. Le gouvernement a fixé quelques règles: par exemple, ces maisons de naissance devront être à proximité immédiate d'une maternité partenaire et devront avoir un effectif de sages-femmes "suffisant pour garantir la qualité et la sécurité de l'accueil et de la prise en charge des femmes enceintes inscrites".

"Revenir en arrière est une imprudence"

Pourtant, certains professionnels restent sceptiques. Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF (Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France) n'est pas opposé au principe même des maisons de naissance mais émet quelques réserves : "On sait le poids et le nombre de précautions qu'il a fallu prendre pour obtenir le niveau de sécurité qu'on a aujourd'hui en France. Revenir en arrière sans autre forme de procès simplement parce qu'on a des sages-femmes capables d'accoucher, c'est certainement une imprudence".

Sébastien Frachebois, membre du Conseil d'administration du CALM, (Comme A La Maison, une sorte de maison de naissance), assure pourtant qu'il n'y a aucun danger: "La réalité des maisons de naissance telle qu'on peut la connaitre dans d'autres pays montre, études à l'appui, qu'il n'y a pas de surmortalité ou de problème supplémentaire dans la prise en charge ne maison de naissance. Dans le cadre français, il faut rappeler qu'on est sur de la prise en charge de grossesse à bas risques. Les maisons de naissance existeront en partenariat avec des maternités hospitalières qui ont tous les moyens de prendre en charge les difficultés auxquelles on peut penser".

"J'avais besoin de ce suivi pour me sentir en sécurité"

Margaux, 28 ans, qui a accouché en maison de naissance l'an dernier. Elle ne regrette absolument pas son choix: "Ce que je trouve le plus important dans le concept de la maison de naissance (…) c'est d'être suivie par la même sage-femme tout au long de la grossesse. J'avais besoin de ce suivi-là pour me sentir en sécurité".

Anne, sage-femme dans une maison de naissance a le même ressenti: "Il est vrai que travailler dans l'individuel permet de faire un certain nombre de choses: parce qu'on connait les gens, parce qu'on a sur instaurer un dialogue et une construction de projet ensemble qui est plus difficilement faisable quand on travaille dans une grosse structure hospitalière".

La rédaction avec H.D.