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Manifestations contre la loi Travail: "D'abord on retire le texte et ensuite on discute"

Philippe Martinez sur RMC

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Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé mercredi partout en France pour dire non à la réforme du code du travail, premier rendez-vous d'une contestation qui rassemble syndicats, étudiants et lycéens et que François Hollande a jugé "nécessaire d'écouter". "C'est une grande réussite", estime ce mercredi sur RMC, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

Le projet de loi El Khomri a fait face à son premier test de grande ampleur ce mercredi. Etudiants, lycéens et salariés ont en effet été appelés à manifester contre ce texte. Mais cet appel a-t-il été entendu? Selon le ministère de l'Intérieur, il y a eu 224.000 manifestants dans les rues sur l'ensemble du territoire. Les organisateurs de cette journée estiment, pour leur part, une participation de 400.000 à 500.000 personnes. De quoi faire dire à Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sur RMC, que ces rassemblements sont "une grande réussite".

"Ça ne peut pas nous satisfaire"

Et celui-ci de prendre en comparaison les manifestations contre le CPE d'il y a dix ans: "Pour le premier rassemblement, on était 3.000 à Paris (la CGT a compté 100.000 manifestants ce mercredi quand la préfecture a donné une fourchette comprise entre 27.000 et 29.000, ndlr). C'est donc une grande réussite". Dès lors, "plus que jamais", la CGT "demande le retrait du projet de loi": "Ce texte a un principe qui va détruire les droits des salariés, c'est l'inversion de la hiérarchie des normes. C'est-à-dire que dans l'entreprise on puisse faire son propre code du travail. Ça, ça ne peut pas nous satisfaire".

"Par exemple, sur les 35 heures, dont le président a répété qu'il n'y toucherait pas, un accord d'entreprise pourra (avec cette réforme, ndlr) permettre de travailler 37 ou 39 heures, sans heure supplémentaire, explique Philippe Martinez. C'est cela le principe fondamental de notre opposition à la loi". Alors que la CGT a rendez-vous lundi 14 mars avec Manuel Valls, le secrétaire général de cette organisation dit "espérer que la manifestation de ce mercredi va faire réfléchir le gouvernement. Quand il y a la jeunesse, les salariés, les retraités, les privés d'emploi dans la rue, le gouvernement doit écouter".

Une possible mobilisation le 24 mars

Pour autant si le gouvernement apporte des modifications au texte, la CGT demandera-t-elle toujours son retrait? "S'il retire le projet de loi et que l'on rediscute sur des bases prenant en compte nos propositions, nous sommes prêts à discuter, assure Philippe Martinez. Mais d'abord on retire le texte et ensuite on discute. C'est très simple". Le secrétaire général de la CGT rappelle ensuite le calendrier prévu, si aucune modification n'est apportée: "On donne rendez-vous le 31 mars mais d'ici-là nous allons réfléchir à des actions. Ainsi, le texte doit être examiné le 24 mars en conseil des ministres, il n'est donc pas impossible que l'on se mobilise ce jour-là".

Car Philippe Martinez en est persuadé: "Cette réforme ne fera pas baisser le chômage. Il faut de l'activité pour cela. De plus, ce n'est pas en licenciant plus facilement que l'on va pouvoir embaucher. Je ne comprends pas comment on peut affirmer de telles choses. Cela fait des années qu'on nous dit ça. Le père de M. Gattaz (Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, Conseil national du patronat français, de 1981 à 1986, ndlr) disait déjà cela. 'Favoriser les licenciements pour créer des emplois', c'est une dialectique que je ne comprends pas. Quand on favorise les licenciements, il y a plus de chômeurs et c'est pour cela qu'il y en a autant aujourd'hui en France".