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Mantes-la-Ville (Yvelines): bilan un an et demi après l'arrivée du FN aux commandes de la ville

En mars 2014, Cyril Nauth (FN), un enseignant de 33 ans, a été élu à la tête de Mantes-la-Ville

En mars 2014, Cyril Nauth (FN), un enseignant de 33 ans, a été élu à la tête de Mantes-la-Ville - AFP

En mars 2014, Cyril Nauth, un enseignant de 33 ans, a été élu à la tête de Mantes-la-Ville, une commune de 20.000 habitants historiquement ancrée à gauche. Un peu plus d'un an après son élection, RMC fait un premier bilan de la gestion de la seule ville dirigée par le FN en Ile-de-France.

Au soir de son élection, Cyril Nauth, le maire FN de Mantes-la-Ville (Yvelines) s'était notamment engagé à ne pas augmenter la fiscalité et à faire baisser les dépenses de fonctionnement. Premier constat, plus d'un an après, les impôts n'ont pas augmenté. Ils n'ont pas baissé non plus. La mairie a surtout dégraissé dans les effectifs municipaux: la masse salariale a ainsi diminué de 700.000 euros. Un quart des postes a en effet été supprimé, dont une trentaine rien que pour l'animation scolaire.

Autre gros coup de rabot: sur les subventions aux associations. Elles ont toutes baissé de 22%. Pire, le club de foot du FC Mantois verra lui sa subvention de 75.000 euros totalement supprimée l'an prochain. Cyril Nauth reproche à ses dirigeants des actions politisées et une parole irrespectueuse. Même chose pour une association de médiation qui ne touchera plus ses 60.000 euros d'aide. "La médiation je n'y crois pas du tout, explique le maire, je préfère recruter des policiers municipaux".

"Une absence de projets", selon l'opposition

La sécurité, c'était justement un autre engagement fort du maire au moment de son élection. C'en est même la colonne vertébrale de sa politique du maire. Les effectifs de police municipale ont presque doublé et, au printemps prochain, sept caméras de vidéosurveillance seront installées pour un montant de 140.000 euros. Les premières caméras devraient être installées avant la fin de l’année dans le centre-ville, aux entrées de ville, devant les bâtiments publics ou les établissements scolaires. A noter toutefois, que la police nationale ne considère pas Mantes-la-Ville comme une zone particulièrement gangrenée par les problèmes d’insécurité.

De plus, le maire qui s'oppose depuis un an et demi à la création d'une salle de prière pour les musulmans souhaite racheter ce local pour y installer la police municipale: 500 m² pour 11 agents. Le dossier est actuellement entre les mains du tribunal administratif et devrait être tranché dans les prochaines semaines. En dehors de la fiscalité et de la sécurité, l'opposition reproche une absence de dynamisme et de projets ambitieux et porteurs pour la ville. "J'ai fait une campagne prudente pour ne pas décevoir, indique le maire, je n'ai pas encore fait de grandes annonces." Mais il liste quelques projets en vue: la création d'une maison de santé, d'une résidence pour seniors et de crèches privées...

Aurélia Manoli