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Marine Le Pen veut s'adresser aux "vrais gens"

Marine Le Pen a tenu dimanche une "réunion publique interactive" destinée à "redonner une voix à ceux qui n'en ont plus" dans son fief d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. /Photo prise le 15 avril 2012/REUTERS/Pascal Rossignol

Marine Le Pen a tenu dimanche une "réunion publique interactive" destinée à "redonner une voix à ceux qui n'en ont plus" dans son fief d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. /Photo prise le 15 avril 2012/REUTERS/Pascal Rossignol - -

HENIN-BEAUMONT, Pas-de-Calais (Reuters) - Marine Le Pen a tenu dimanche une "réunion publique interactive" destinée à "redonner une voix à ceux...

HENIN-BEAUMONT, Pas-de-Calais (Reuters) - Marine Le Pen a tenu dimanche une "réunion publique interactive" destinée à "redonner une voix à ceux qui n'en ont plus" dans son fief d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais.

Alors que François Hollande et Nicolas Sarkozy réunissaient au même moment 100.000 sympathisants chacun à Paris, environ 2.000 personnes se pressaient dans une salle pour écouter Marine Le Pen répondre à des questions sélectionnées à l'avance.

La candidate du Front National a expliqué qu'aux "shows parisiens" des candidats du PS et de l'UMP, elle préférait venir sur ses terres, dont elle fut conseillère municipale avant de devoir démissionner pour cause de cumul des mandats.

"Ici, c'est une autre ambiance que les show parisiens des deux frères siamois de cette élection. Ici, pas de stars, pas de show-biz mais la vraie vie, les vrais gens!", a-t-elle expliqué.

A une semaine du premier tour, Marine Le Pen tente de résister à la montée du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui lui dispute dans les sondages la troisième place du podium.

Accueillie au cri de "Marine présidente", la chef de file du FN a expliqué vouloir répondre au "Parlement des invisibles", les personnes présentes dans la salle ou celles qui l'ont interrogée sur internet.

"Nous avons mis autant de chaises qu'il y a de députés et de sénateurs dans notre pays (925). Car aujourd'hui, c'est vous qui avez la parole", a-t-elle dit.

Selon le FN, 8.000 questions ont été posées sur internet sur des thèmes allant de l'éducation à l'insécurité, le handicap, la corruption, le cumul des mandats, les retraites, l'essence, le chômage des séniors ou encore les délocalisations.

Sur l'insécurité, Marine Le Pen a répété son credo : "Il faut que des le premier délit, dès la première incivilité, la sanction tombe, tout de suite".

"ILS FONT LA LOI"

"Il n y a plus un seul endroit en France où nous sommes préservés des métastases de l'insécurité, et cela je considère que c'est insupportable", a-t-elle ajouté.

Sur le prix de l'essence, Marine Le Pen a proposé de "baisser de 20%" la TIPP et de compenser le manque à gagner "par une taxation exceptionnelle sur les grandes entreprises" productrices.

Les sympathisants présents ont applaudi les mesures les plus emblématiques: préférence nationale, référendum sur la peine de mort et sanction des "patrons voleurs".

"Nous allons nous battre et mettre au pas les voleurs d'en haut et les voleurs d'en bas pour rendre l'argent des Français aux Français", a scandé la candidate.

Dans la salle, Jérémy, 27 ans, n'a jamais voté et explique que seule Marine Le Pen l'a convaincu de se rendre à l'isoloir.

Pour lui, ce "Parlement des invisibles" est la preuve que la candidate du FN est la seule à "ne pas nous avoir oublié".

Quelques rangs plus loin, Lucie, fervente militante âgée de 80 ans, venue de Loos, dans la banlieue de Lille, avec ses filles et petites filles explique son adhésion au FN par l'insécurité.

"J'habite à Loos (...) Mon voisin, je lui dit bonjour mais il ne lève même pas la tête et sa femme est voilée de la tête aux pieds", assure-t-elle.

Face aux familles, Marine Le Pen a martelé qu'elle souhaitait remettre au coeur de l'école l'histoire et la géographie "parce que c'est cela qui fait que les enfants se sentent appartenir à une nation, à un peuple. "

"C'est en apprenant les batailles contre l'immigration d'hier qu'il peuvent comprendre. C'est en apprenant les sacrifices de ceux qui ont combattu pour défendre nos frontières qu'ils comprendront l'importance d'être français, l'importance d'être libre", a-t-elle dit.

Camille Bouissou, édité par Gérard Bon

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