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Militaires jugés pour menaces avec un fusil d'assaut: "Des souvenirs de guerre sont remontés"

Des militaires ont braqué plusieurs personnes avec un fusil d'assaut lors d'une rixe. (Photo d'illustration)

Des militaires ont braqué plusieurs personnes avec un fusil d'assaut lors d'une rixe. (Photo d'illustration) - AFP

Deux militaires vont être jugés jeudi pour avoir menacé plusieurs personnes avec un fusil d'assaut lors d'une rixe en boîte de nuit. Me Médard Nkélé, l'avocat du militaire qui a brandi l'arme de guerre, a expliqué à RMC que son client avait déjà connu la guerre au Mali. Il en serait revenu traumatisé.

Furieux, deux militaires braquent plusieurs personnes avec leurs fusils d'assaut. La scène se passe à Chambéry, en Savoie, dans la nuit de samedi à dimanche. Un soldat de 22 ans, affecté à l'opération Sentinelle, dans le cadre du plan Vigipirate est en boîte de nuit. A la sortie, ivre, il est impliqué dans une altercation et se prend plusieurs coups.

L'affaire aurait pu s'arrêter là, mais le jeune homme va chercher du renfort dans sa caserne, et son Famas, son fusil d'assaut. Avec un autre militaire, il se met alors à braquer plusieurs personnes dans le centre-ville de Chambéry, dont des policiers venus l'interpeller.

Finalement désarmés, les deux soldats appartenant au 2e régiment d'infanterie de marine (2e RIMA) du Mans, ont été placés en détention provisoire, dans l'attente de leur jugement en comparution immédiate vendredi.

"Il a vu ses collègues victimes d'attaques"

Devant les enquêteurs, les militaires se sont expliqués: ils ont mis en avant l'alcool mais surtout le stress de leur métier pour expliquer cette expédition punitive. C'est notamment ce qu'avance le plus jeune des soldats, un Première classe du deuxième régiment d'infanterie de marine basé dans la Sarthe, âgé de 22 ans seulement, pour expliquer son geste.

L'opération sentinelle "demande [aux militaires] beaucoup de concentration, ils sont là 24h sur 24, ils partent d'un site à un autre", énumère au micro de RMC Me Médard Nkélé, l'avocat du jeune homme. "C'est un garçon assez jeune, qui est parti dans le cadre d'opérations au Mali. Il a vu ses collègues victimes d'attaques, de traquenards… Ça l'a beaucoup affecté. Plein de souvenirs sont remontés. Il s'est souvenu avoir été agressé à Tours. Il a porté plainte, ça n'a jamais abouti. L'alcool aidant, effectivement, ça a [tout] déclenché, avec le stress".

Un acte intolérable pour le procureur

Alors selon son avocat, ce passage à tabac après une soirée fortement alcoolisée lui a fait littéralement péter les plombs : il sort de sa caserne, armé de son Famas qui lui sert habituellement à patrouiller dans le cadre de l'opération Sentinelle, un fusil qui n'était visiblement pas gardé sous clé.

Mais il est arrêté par son supérieur, un sergent d'une trentaine d'années, qui quelques minutes plus tôt avait, lui aussi, paradé dans les rues de la ville son fusil à la main, en menaçant des passants. Un acte intolérable selon le procureur de la République. "Ce n'est pas parce qu'ils sont militaires qu'ils n'ont pas à respecter la loi", a-t-il confié à RMC. Les deux militaires risquent jusqu'à trois ans de prison.

C. P. avec Gwenaël Windrestin