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Mission de sauvetage des migrants: "on s'attend à avoir des naufragés en détresse psychologique"

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REPORTAGE - Les douanes françaises vont bientôt participer aux missions de sauvetages de migrants. Dès octobre prochain, un patrouilleur participera aux opérations menées au large de la Sicile. RMC a rencontré le personnel naviguant basé à la Syne-sur-Mer.

53 mètres de long, 10 mètres de plus que les patrouilleurs déjà en service. Le patrouilleur des douanes "Jean-François Deniau" participera pour la première fois à partir de fin octobre aux opérations menées au large des côtes siciliennes dans le cadre de l'opération Frontex.

Pendant un mois, il prendra part à une mission de surveillance des frontières maritimes mais accueillera également des naufragés en détresse pour ensuite les débarquer en Italie. En attendant le départ, tout l'équipage se prépare à cette expédition.

"Une mission risquée"

Une mission qui n'est pas sans risque. "Cette mission est risquée, compliquée, il faut que tout le monde soit calme pour que ça se passe bien et éviter tout mouvement de panique, ce qui est le plus dangereux lorsque l'on se trouve en mer", explique Hugues-Lionel Galy, directeur régional des gardes côtes de Méditerranée.

Une passerelle pour faciliter l'accès des naufragés à bord, une salle de repos avec des lits et des bancs, le bateau a été spécialement conçu pour cette expédition. Matthieu Hubert, commandant de bord du patrouilleur, est prêt: "Il faut avoir une attitude à la fois rassurante mais ferme. Il faut leur montrer qu'ils sont sur un bâtiment organisé, effectuer un système de comptage. Il faut les hydrater, on embarquera spécifiquement des packs d'eau supplémentaires. Tous ces conseils là nous ont été donnés pour pouvoir subvenir aux besoins de première nécessité des migrants".

Une aide matérielle et psychologique

Guy Salas, chef de car, s'attend à gérer des situations compliquées. "On s'attend à avoir des naufragés fatigués, avec une faiblesse psychologique du à leur transit à travers le Sahel et leur séjour dans des pays en situation de crise. Il peut aussi y avoir des personnes blessées qu'il convient de soigner avec des soins d'urgence".

Des cellules de détention sont également prévues à l'intérieur du bateau en cas d'interpellations de passeurs ou de trafiquants.

Le bateau a été cofinancé par l'Union européenne à hauteur de 60%: sur un coût total de 13 millions d'euros, 9 ont été financés par l'Europe.

La rédaction avec Elodie Messager