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Mixité scolaire: quand des parents d'une école de Montpellier réclament des "petits blonds"

Des parents d'élèves d'un quartier de Montpellier demandent plus de mixité scolaire

Des parents d'élèves d'un quartier de Montpellier demandent plus de mixité scolaire - FRANK PERRY / AFP

Les parents d'élèves du Petit Bard-Pergola, un quartier défavorisé dans l'ouest de Montpellier où vivent 2 000 habitants d'origine maghrébine pour la plupart, réclament la mixité scolaire et occupent depuis la mi-mars quatre écoles du quartier.

"Dans la classe, il y a Ilies, Yannisse, Younes mais j'aimerais qu'il y ait Daniel, Patrick, Mathis…" Ce souhait, c'est celui du petit Enes, scolarisé dans le quartier défavorisé Petit Bard-Pergola, à l'ouest de Montpellier. Il se fait l'écho du mouvement des parents d'élèves du quartier qui s'opposent à la décision de la Direction départementale de l’éducation de redessiner la carte scolaire et de rassembler tous les élèves du quartier dans le même collège. Un collège qui souffre déjà d'un manque de mixité, selon eux.

"On voudrait des 'petits blonds' aussi"

Un mouvement de protestation qui prend de l'ampleur: depuis la mi-mars, ces parents d'élèves occupent et bloquent quatre écoles du quartier. Aujourd'hui, les cours sont même interrompus. Interrogée par RMC Fatima, une mère de famille, veut que son fils puisse côtoyer à l’école ou au collège d’autres enfants que ceux du quartier. "Ce qui me gêne c'est que depuis la maternelle jusqu'au collège, ce sont toujours des petits qui font partie de la même communauté: essentiellement des Maghrébins et quelques Turcs. Mais on voudrait des 'petits blonds' aussi !, revendique-t-elle.

Et d'ajouter: "J'aimerais retrouver ce que j'ai connu dans mon enfance. J'ai grandi avec des enfants de toutes origines et on se respectait tous mutuellement. Ça se passait très bien, il n'y avait pas ce qu'on voit ici au Petit Bard, cette forme de ghettoïsation". Fathia ne dit pas autre chose: "Tout le monde a remarqué que le quartier commence à devenir un vrai ghetto. On a l'impression que les institutions pensent que le quartier est renfermé sur lui-même alors que ce n'est pas du tout le cas. Notre mouvement montre justement le contraire".

"Valls a raison en parlant d'apartheid social"

Elle s'explique plus en détails: "Nous, on veut s'ouvrir. On veut que les gens viennent sans se dire qu'ils risquent de se faire agresser ou insulter. On veut partager notre culture et échanger avec nos concitoyens. Or, là, on ne peut que constater que Manuel Valls a raison en parlant d'apartheid social". Mais pour Renaud Calvat, en charge de l'Education au conseil départemental de l'Hérault, il y a une autre raison à cette absence de mixité sociale dans les collèges de ce quartier.

Selon lui, elle serait aussi due à un nombre élevé d'habitants qui ne souhaiteraient pas y scolariser leurs enfants. "Il y a des familles qui, par le biais de la dérogation, ne mettent pas leurs enfants dans ces collèges. Ce n'est donc pas uniquement une problématique départementale: la ville, l'Etat… tout le monde doit travailler sur cette question-là". Une réunion entre les parents d'élèves et les différentes instituions devrait avoir lieu le 20 mai. D'ici là, le blocus des écoles pourrait être maintenu.

Maxime Ricard avec Lionel Dian