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Nadia Remadna: "Oui, il y a une montée de la radicalisation en France"

Cette militante et présidente de l'association Brigade des mères, qui vit à Sevran, en Seine-Saint-Denis, juge que nombre des responsables politiques ont "nourri et alimenté" la montée du communautarisme dans certaines banlieues, "par intérêt électoral". "Et aujourd'hui, on est en train de le payer", a-t-elle regretté sur RMC ce jeudi.

"Je suis une lanceuse d'alerte". Nadia Remadna, qui a fondé l'association la Brigade des mères regrette que depuis "des années", "on ne m'écoute pas". "Oui, effectivement, il y une grande montée de la radicalisation, chez nous, en France", estime ce jeudi sur RMC cette mère célibataire de quatre enfants qui vit à Sevran, en Seine-Saint-Denis.

Pas question pour autant pour elle de reprendre à son compte les propos polémiques de Patrick Kanner, qui a jugé ce week-end qu'il existe une "une centaine de quartiers français" similaires à Molenbeek, cette commune bruxelloise d'où étaient originaires plusieurs auteurs des attentats du 13 novembre. "Je ne comprends ce que ça veut dire 'des Molenbeek'. Est-ce qu'il y a des musulmans? Des salafistes?", s'interroge-t-elle.

"On a enfermé les gens dans leur culture"

"Des radicaux, ça veut dire quoi? A quel moment une personne est-elle radicale?", reprend Nadia Ramadna. Certaines banlieues sont-elles le terreau de candidats au jihad en puissance? "Oui, ça existe. Tout le monde le sait, ce n'est pas un secret d'état", reconnaît cette femme qui a grandi à Champigny-sur-Marne, jusqu'à l'âge de 13 ans, avant de suivre son père en Algérie, et de retourner en France à l'âge de 25 ans pour échapper à son conjoint violent.

Nadia Ramadna juge que les hommes politiques, notamment "maires" sont responsable d'avoir "nourri et alimenté" le communautarisme dans certains quartiers. "Pendant des années, on a enfermé les gens dans leur culture, dans leurs traditions, par intérêt électoral. Et aujourd'hui, on est en train de le payer", dénonce-t-elle sur notre antenne.

C. P.