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Nicolas Sarkozy veut «désintoxiquer» les Corses des armes

Nicolas Sarkozy a déclaré vendredi vouloir "désintoxiquer" les Corses des armes et de la violence, une des plaies de cette région d'Europe qui compte le plus grand nombre d'homicides par rapport à sa population, à peine 300.000 habitants. /Photo prise le

Nicolas Sarkozy a déclaré vendredi vouloir "désintoxiquer" les Corses des armes et de la violence, une des plaies de cette région d'Europe qui compte le plus grand nombre d'homicides par rapport à sa population, à peine 300.000 habitants. /Photo prise le - -

En visite de campagne ce vendredi dans l'Ile de Beauté, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir «désintoxiquer» les Corses des armes et de la violence, une des plaies de la région d'Europe qui compte le plus grand nombre d'homicides par rapport à sa population, à peine 300 000 habitants.

«Il y a un sujet qu'il va falloir qu'on traite, c'est la présence d'armes dans trop de familles en Corse», a dit le président-candidat après une réunion sur la sécurité à la préfecture d'Ajaccio avec les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Claude Guéant et Michel Mercier.
«Il y a un travail indispensable de désintoxication des armes et de la violence à faire, c'est aussi un travail de la société», a-t-il ajouté plus tard devant des journalistes.
Nicolas Sarkozy a précisé qu'il ne parlait pas seulement des armes illégales mais aussi des armes légales. Le président sortant a également dit vouloir poursuivre l'effort des autorités contre le grand banditisme et les pratiques mafieuses en Corse en soulignant qu'il y avait une interpénétration.

«Un assassin est un assassin»

«Pour moi, un assassin est un assassin», a-t-il dit. «Ne croyez pas que d'un côté il y a des malfrats n'ayant soif que d'argent et de l'autre les assassins n'ayant soif que de convictions (...) il y a une interpénétration totale».
Selon le chef de l'Etat, les autorités ont saisi ces quatre dernières années pour 16 millions d'euros d'actifs illégaux et cet effort doit être poursuivi en surveillant systématiquement toutes les ventes de terrains, de maisons, d'appartements et de commerces «pour créer une insécurité» pour les malfrats.
Plusieurs attentats récents ont ensanglanté la Corse. «Ce qui s'est passé dans les 15 derniers jours n'est pas tolérable», dit Nicolas Sarkozy dans une interview publiée vendredi par le quotidien Corse-Matin. «Je ne laisserai pas la Corse connaître un nouveau cycle de violences».

Le PS accuse Sarkozy de «travestir son bilan»

Le chef de l'Etat, qui avait eu à gérer le dossier corse comme ministre de l'Intérieur entre 2002 et 2007, souligne que 1300 interpellations ont été effectuées sur l'île en 10 ans et que le nombre d'attentats a été «divisé par quatre» dans le même temps.
François Rebsamen, le «Monsieur sécurité» du candidat socialiste Français Hollande, estime que Nicolas Sarkozy «travestit son bilan» en Corse, notamment lorsqu'il affirme que le nombre des attentats a été divisé par quatre en 10 ans.«Après une légère baisse pendant deux ans, il y a eu 63% de hausse du nombre d'attentats en 2011» et la Corse détient depuis deux ans «le triste privilège du record européen des homicides volontaires, devant la Sicile», écrit-il dans un communiqué.
En cinq ans 185 homicides ou tentatives, dont six depuis janvier 2012, ont été enregistrés. "Les Français du continent comme ceux de la Corse ne seront pas dupes", a dit François Rebsamen.
Après la réunion à la préfecture, le président-candidat devait tenir un meeting électoral à Ajaccio.
Selon un sondage OpinionWay-Fiducial pour Corse-Matin, Nicolas Sarkozy arriverait encore en tête du premier tour dans l'île, comme en 2007, avec 32% des voix contre 28% pour François Hollande.

La Rédaction avec Reuters