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Nord-Pas de Calais-Picardie: "Pour battre le FN, je suis capable de tout"

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La présidente du Front national Marine Le Pen est arrivée en tête du premier tour des élections régionales dans la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais–Picardie. Pour ses adversaires, un seul mot d'ordre : "Tout sauf Marine Le Pen!".

Pas de surprise, mais la stupeur et la tristesse. Le PS a connu une véritable bérézina en Nord-Pas de Calais-Picardie lors du premier tour des élections régionales ce dimanche. Son candidat Pierre de Saintignon a récolté 18% des votes, loin derrière les 25% des Républicains et surtout les 40% de Marine Le Pen.

En fin de soirée, le candidat socialiste a annoncé le retrait de sa liste pour faire barrage au FN. L’appel est venu de la direction même du PS. Les militants s’apprêtent donc à bâtir un véritable front républicain : "Tout sauf Marine Le Pen". Claudine votera pour la liste Les Républicains. "En prenant en compte les enjeux économiques, pour les entreprises, il n’y a pas à hésiter."

La gauche n’aura plus un seul élu au conseil régional pendant les 6 prochaines années. "J’ai très peur pour la région, pour mes convictions, mes valeurs", a notamment déclaré Clémentine, 21 ans.

"Pour battre le FN, je suis capable de tout", affirme de son côté Sadia Pamart, qui était sur la liste de Pierre de Saintignon. "Il faut être derrière Xavier Bertrand, nous le serons. Nous comptons sur le sursaut républicain. C’est vraiment le 21 avril", juge-t-elle, dans une référence à la présidentielle de 2002 et l’appel de la gauche à voter pour le candidat de droite Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen.

"C'est quand même la région qui a vu la naissance du général de Gaulle"

Du côté de la droite, on espère donc que ce report de voix fera la différence. Il va falloir convaincre les électeurs socialistes notamment, mettre en avant les thèmes importants que la gauche et la droite partagent. "On parle de l’éducation, des transports, de vrais sujets de la région", estime Maxime, militant des Républicains. "Pas constamment des migrants."

Un message qu’adresse également Gérald Darmanin, directeur de campagne de Xavier Bertrand. "Je veux dire aux électeurs de gauche qu’ils doivent évidemment voter pour nous dans l’esprit du rassemblement gaulliste. C’est quand même la région qui a vu la naissance du général de Gaulle, on ne peut pas la confier à l’extrémisme de Mme Le Pen."

Mais pour gagner face à Marine Le Pen, les militants de droite veulent surtout convaincre les abstentionnistes. Cela représente en Nord-Pas-de-Calais- Picardie, près de deux millions d’électeurs. "Je pense que ce qui pourrait changer la donne, c’est que les gens qui n’ont pas voté au premier tour viennent voter au second tour", note Astrid, une militante.

Amélie Rosique