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Nuit de galère en gare de Montpellier: "Les vacances se finissent mal, c'est dommage"

Des passagers dans l'attente

Des passagers dans l'attente - Céline Martelet

REPORTAGE - Conséquence des pluies diluviennes qui se sont abattues ce dimanche dans le sud de la France, plus aucun train ne circulait en Languedoc-Roussillon. En effet, une coulée de boue a recouvert les rails entre Lunel et Montpellier ce qui a interrompu la circulation au départ et à l’arrivée de la gare Montpellier. Des milliers de voyageurs se sont retrouvés coincés, obligés parfois de dormir sur place.

Un intense épisode orageux s'est abattu sur l'Hérault ce dimanche. En quelques minutes, la ville de Montpellier et ses alentours se sont retrouvés noyés sous des trombes d’eaux. Conséquence des pluies diluviennes, plus aucun train ne circulait hier soir en Languedoc-Roussillon. Vers 15H, une coulée de boue a recouvert les rails entre Lunel et Montpellier. Impossible de dégager la voie rapidement, la circulation a donc été interrompue dès au départ et à l’arrivée de Montpellier. Des milliers de voyageurs se sont retrouvés coincés, obligés parfois de dormir en gare.

Couverture de survie et petit-déjeuner

Tôt ce lundi matin, si le trafic a repris, il restait encore beaucoup de voyageurs dans le hall de gare. Ces vacanciers pour la plupart ont passé la nuit par terre ou assis sur un banc ou sur leur valise, allongés sur un bout de carton, enroulés dans des couvertures de survie distribuées tard par la Croix-Rouge. Un petit-déjeuner a été aussi offert par ce même organisme. Si la SNCF avait mis à disposition de ces naufragés des "rames d'attente", à savoir des wagons à quai dans lesquels les passagers pouvaient passés la nuit, beaucoup ont préféré rester dans le hall pour ne pas être coupé du peu d'information donnée.

C'est le cas par exemple de Marie-Christine, qui devait rejoindre Lille hier soir: "On nous a dit simplement 'Retournez chez vous si vous le pouvez'. Mais nous, n'habitant pas Montpellier, on ne peut pas. On pourrait retourner à l'hôtel mais les routes sont impraticables. On voit passer les numéros de train mais on ne sait pas si on peut monter et s'il va démarrer, même trois heures après. On ne le sait pas". Marie-Christine doit donc retenter sa chance ce lundi matin.

"La France est bloquée par les intempéries"

"C'est très compliqué, cela fait plus de douze heures que nous sommes là. C'est très dur… On commence à ressentir la fatigue, témoigne Céline, qui a passé la nuit sur place avec son fils Yohann, 6 ans et demi. Hier soir, de fatigue, nous avons craqué. On se posait des questions… On n'avait plus de batterie sur nos portables donc impossible de téléphoner. Et le pire c'est que vers 19h00, ils ont fermé les portes devant nous. C'était l'heure pour eux de fermer alors ils ont fermé même s'il y avait encore une queue immense".

Marie, elle, devait rejoindre Paris avec son mari et leurs deux enfants. Elle dit ne pas comprendre que la pluie puisse tout bloquer de la sorte: "Il n'y a rien de prévu pour les voyageurs alors même qu'il y a plein de bébés en train de pleurer. On est bloqués ! La France est bloquée par les intempéries ! Ils sont habitués dans le Sud à avoir des intempéries comme ça et pourtant rien n'est mis en place ! Rien du tout" Et de regretter: " Les vacances, c'est fini et cela se finit mal. C'est dommage".

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- © Céline Martelet
Céline Martelet avec Maxime Ricard