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"On n’arrive pas à cohabiter avec eux": dans le nord de Paris, le crack "asphyxie" les habitants

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, l’habitante d’Aubervilliers et présidente de l'association "Village 4 Chemins" Stéphanie Benoist a une nouvelle fois dénoncé la situation provoquée dans le nord de Paris par les consommateurs de crack.

Comment se battre contre le crack à Paris ? La préfecture de police a décidé de déplacer les consommateurs de cette drogue du nord vers le sud de la ville, de la Porte de la Villette à une friche industrielle appartenant à la SNCF dans le 12e arrondissement. Mais cette décision est rejetée par les élus et les habitants de ce quartier. Pour les riverains du 19e arrondissement, après "un soulagement sur le coup" à l’annonce de ce futur déménagement des consommateurs de crack, c’est un sentiment d’abandon et d’impuissance qui prédomine encore.

"Ça fait plus de quatre mois, depuis le 24 septembre, qu’on assiste à des passes d’armes entre la préfecture et la mairie de Paris, explique Stéphanie Benoist dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story, habitante d’Aubervilliers et présidente de l'association ‘Village 4 Chemins’. On est littéralement pris en otage entre tout ça. Cette dernière semaine, c’est l’ascenseur émotionnel. On nous a annoncé un potentiel déplacement dans le 12e arrondissement. C’était un sentiment de soulagement, sur le coup. Et puis finalement, ça retombe, avec d’autres annonces. On est en asphyxie dans le quartier."

"Il y a des agressions, ajoute-t-elle. On est en hyper-vigilance quand on sort de chez nous. Dans notre quartier, il y a des détonations qui ont eu lieu, on ne sait pas si on doit les assimiler à la présence de ces toxicomanes. Il y a des violences entre eux et vis-à-vis des riverains. Il y a de l’exhibition, de la prostitution, des scènes de consommation… Les gens ne viennent plus dans le quartier, ne s’installent plus. Ça devient vraiment compliqué."

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"Il faut des parcours de soins"

Plusieurs démantèlements ont eu lieu cette semaine, dans le froid. Mais rien ne change selon Stéphanie Benoist. "On n’arrive pas à cohabiter avec eux, assure la présidente de l’association ‘Village 4 Chemins’. Ça ne fonctionne pas. On continue d’aller à la rencontre, sur le terrain. Quand on va chez eux, on est presque bien accueilli. Mais quand ils viennent dans nos rues, c’est qu’ils sont en état de manque et ça ne peut pas matcher avec les riverains. C’est là qu’on s’expose à diverses violences."

Un déménagement du nord au sud de Paris peut-il suffire à régler le problème ? Evidemment, non. "Il y a des solutions qui ont été proposées, des communautés thérapeutiques à l’écart des villes, des zones urbaines, avance Stéphanie Benoist. Je sais que c’est reporter le problème à la campagne. Il faudrait aussi se concentrer sur le sevrage. Il y a des personnes, et Elina Dumont a été un exemple, qui ont réussi à s’en sortir et à se réinsérer. Il faut des parcours de soins. On y travaille avec des élus."

LP