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Patrick Pelloux: "Notre plan canicule est un modèle qu'il faut présenter aux autres pays"

Patrick Pelloux, ce vendredi dans Bourdin Direct.

Patrick Pelloux, ce vendredi dans Bourdin Direct. - Capture RMC découverte

Le médecin-urgentiste du Samu s'est réjoui de l'efficacité de notre plan canicule, qui a permis de limiter la surmortalité liée à la vague de chaleur qui a frappé la France début juillet.

La canicule qui a frappé la France du 29 juin au 5 juillet dernier a fait 700 morts supplémentaires, a annoncé jeudi la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Une surmortalité qualifiée de "limitée", surtout si on la compare à celle de 2003 consécutive à la canicule du 4 au 18 août qui avait fait autour de 15.000 morts. "On a de quoi être satisfaits", a jugé ce vendredi Patrick Pelloux, médecin urgentiste au SAMU de Paris. "En 12 ans les autorités sanitaires, les politiques mais aussi les médias, ont évolué sur la conception de la canicule: on sait maintenant que c'est une tempête de chaleur, et que ça tue", a-t-il réagi, estimant que "si on avait rien fait, on serait à 20 ou 30 fois plus de décès aujourd'hui".

"Nous sommes le seul pays au monde à avoir une telle pratique de prévention"

La France a retenu la leçon du drame de 2003, et est devenu aujourd'hui un modèle dans la prévention des conséquences d'une canicule. "Nous sommes le seul pays au monde à avoir une telle pratique de prévention de l'acte caniculaire, s'est réjoui Patrick Pelloux. C'est tout à l'honneur de notre pays. C'est un modèle qu'il faut montrer, notamment lors de la conférence climat de Paris (en novembre-décembre prochain, NDR). Il va falloir apprendre à protéger les populations". Le directeur général de l'InVS (Institut de veille sanitaire), François Bourdillon, a lui aussi mis en avant l'efficacité du plan canicule français, assurant qu'il pouvait être "un modèle au niveau européen".

Toutefois, Patrick Pelloux estime que la France peut encore s'améliorer, prenant l'exemple du CHU de Strasbourg, "qui avait décidé de fermer 150 lits la veille de la canicule. Ça aurait été un sacré embouteillage". "On a encore à gérer l'adéquation entre les besoins et les moyens, et à moderniser l'organisation des urgences pour avoir le service public le plus opérationnel".

Philippe Gril avec Adrien Borne