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Propos polémiques: pourquoi Laurent Wauquiez n'ira pas au bout de sa plainte contre Quotidien

Laurent Wauquiez n'ira pas au bout de sa plainte contre Quotidien, qui a diffusé ses propos polémiques enregistrés à son insu, anticipe l'avocate spécialisée en droit de la presse Delphine Meillet. Sa plainte n'est pas recevable, assure-t-elle ce mercredi dans Bureau de vote sur RMC.

Après la diffusion par Quotidien de ses propos polémiques devant des étudiants de l'EM Lyon, vendredi et lundi, Laurent Wauquiez a dénoncé mardi soir sur BFMTV des "méthodes de voyou" et annoncé qu'il allait porter plainte. Mais pour Delphine Meillet, avocate spécialisée en droit de la presse, cette plainte n'a aucune chance d'aboutir. "Il n'y a pas matière à déposer plainte, assure-t-elle ce mercredi dans Bureau de vote sur RMC. C'est un effet d'annonce. Parce que les tenus propos par Laurent Wauquiez sont dans un cadre public, quand bien même c'était dans une école privée. Il s'agit de propos publics, tenu par un personnage éminemment public et qui concernent l'intérêt général, la chose publique. Et les sujets abordés intéressent l'opinion publique. Pour toutes ces raisons, il n'y a pas matière à condamner".

"Des propos publics qui concernent l'intérêt général"

"Ce qui choque c'est le fait qu'on l'ait enregistré à son insu, poursuit l'avocate. Mais ce n'est pas pour cela qu'il y a matière à condamner. Il y aurait matière à condamner si les propos diffusés avaient été de l'ordre de l'intimité de la vie privée de Laurent Wauquiez. En l'espèce ce n'est pas le cas, ce sont des propos éminemment politiques". Quant au procédé, des propos enregistrés à l'insu du président des Républicains, là non plus il n'y a pas matière à condamnation. "Les journalistes peuvent même placer des caméras cachées, si les images trouvées par ce biais à l'insu de la personne enregistrée, si le sujet qu'on en tire est d'intérêt général, il n'y a pas de condamnation".

Me Delphine Meillet rappelle que l'annonce d'un dépôt de plainte est un grand classique chez les hommes politiques. Et fait le pari que Laurent Wauquiez n'ira pas jusqu'au bout de sa démarche. "On peut faire le pari qu'il se désistera en cours de procédure. C'est un grand classique, c'est un mode de défense comme un autre. Il faut bien se défendre".

P. Gril avec JJ. Bourdin