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Perturbateurs endocriniens: "Ce n'est pas possible que la Commission européenne ne respecte pas la loi"

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Le Tribunal de l'Union européenne a condamné mercredi la Commission pour avoir "manqué à ses obligations" dans un dossier en lien avec les perturbateurs endocriniens.

C'est une première en Europe : la Commission a été condamnée par le Tribunal de l'Union européenne pour son inaction sur les perturbateurs endocriniens. Ces substances sont soupçonnées d'être néfastes pour la santé. Des produits qu'on trouve partout : dans les plastiques, les jouets, les cosmétiques, les matériaux de construction.

Michèle Rivasi, eurodéputé EELV, était l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce jeudi matin.

"Ce sont des molécules qui modifient le fonctionnement hormonal du corps. Et cela entraîne une augmentation du cancer du sein, de la prostate un manque de fertilité, l'obésité, le diabète. C'est incroyable comme quoi ces molécules sont un sont un peu responsables des épidémies actuelles sur les cancers."

"Cela fait des années qu'on interpelle la Commission européenne sur la question", poursuit-elle. "Les députés européens avaient mis dans un règlement sur les biocytes et les pesticides il faut que la commission en décembre 2013 ait élaboré ces critères scientifiques. On est fin 2015 et aucun critère n'a été établi."

"Vous deviez le faire et vous ne le faites pas"

"La ministre de la Santé de la Suède, avec le Parlement, ont saisi la cour de justice européenne, en disant 'mais que fait la Commission'. Vous deviez le faire et vous ne le faites pas."

La députée européenne pointe le rôle des lobbies qui font pression sur la commission européenne qui entraine son immobilisme.

"Les lobbies notamment de la chimie, et aussi l'industrie des plastiques qui se sont infiltrés pour dire qu'il fallait une étude d'impact économique. C'est comme si Servier avait demandé, après le retrait du Mediator, que l'on fasse une étude d'impact économique pour savoir combien d'argent le laboratoire pharmaceutique allait perdre."

Michèle Rivasi revient sur l aportée historique

"C'est une première dans l'histoire, qu'une commission soit attaquée par la cour de Justice. Dès que les critères vont être élaborés, on va pouvoir supprimer toutes ces substances. Le Parlement a joué son rôle de contrôler la Commission. Ce n'est pas possible que la commission ne respecte pas la loi.

"Il s'agit d'une question de santé publique", conclut Jean-Jacques Bourdin.