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"Petite martyre de l'A10": face aux enquêteurs, les parents n'ont pas la même version du drame

31 ans après la découverte de son corps, la petite inconnue de l'A10 a enfin un nom: Inass. Elle avait été retrouvée âgée de 4 ans le long de l'autouroute A10 dans le Loir-et-Cher.

La fin d'une énigme. Les parents de la "petite martyre de l'A10" ont été mis en examen jeudi, ouvrant la voie à la résolution d'une enquête vieille de 30 ans, lorsque le corps de la fillette de 4 ans avait été découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10 à Suèvres dans le Loir-et-Cher. 

Le père, Ahmed Touloub, 66 ans, a été écroué, et la mère, Halima, 64 ans, comparaissait encore jeudi en début de soirée devant le juge des libertés et de la détention, a expliqué le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier, lors d'une conférence de presse conjointe avec le colonel Thomas Andreu, commandant de la section de recherche de la gendarmerie d'Orléans.

Après leur placement garde à vue mardi, les parents ont été mis en examen jeudi pour meurtre, recel de cadavre, violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans. Face aux enquêteurs, pourtant, leurs versions divergent. 

Lors de son interrogatoire, le père s'est ainsi dit "soulagé" des avancées de l'enquête. Il dit avoir "peur" de sa femme, vivait sous sa domination. Il serait ainsi rentré chez lui le 10 août 1987 et aurait alors trouvé le corps sans vie de sa fille. Le lendemain matin, en route vers le Maroc avec leurs trois autres enfants dans la voiture, ils auraient abandonné le corps d'Inass enroulé dans une couverture au bord de l'autoroute.

La mère, quant à elle, déclare d'abord qu'elle ne se souvient plus, que sa fille n'est pas morte. Puis, elle admet avoir été violente par moment, comme son mari, mais réfute toute responsabilité dans le drame. 

Les enquêteurs comptent maintenant sur la grande soeur, qui avait 8 ans à l'époque des faits. Elle ne parle pas pour le moment, éclatant en sanglots lorsqu'on évoque l'affaire. 

Mahault Becker-Granier (avec P.B.)