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Pierre Laurent (PCF): "Christine Lagarde est méprisante avec les Grecs"

Invité ce lundi de Jean-Jacques Bourdin, le secrétaire nationale du PCF a dénoncé la pression mise par les créanciers de la Grèce, dont le Fonds monétaire Internationale, sur le gouvernement d'Alexis Tsipras, quelques heures avant un sommet européen extraordinaire à Bruxelles.

Une partie de l'avenir de la Grèce dans la zone euro se joue ce lundi soir, lors d'un sommet européen extraordinaire, à Bruxelles. Sous pression, la Grèce, qui a besoin rapidement de 7,2 milliards d'euros pour éviter un défaut de paiement, a envoyé un signal positif à ses créanciers dimanche, en leur adressant une nouvelle liste de propositions pour réaliser les réformes que ses créanciers attendent d'elle. Parmi ses créanciers les plus insistants, le FMI (Fonds monétaire international) qui somme la Grèce de lui rembourser rapidement 1,5 milliard d'euros qu'elle lui doit.

"On devrait écouter un peu plus les peuples"

Une intransigeance dénoncée ce lundi matin par Pierre Laurent, invité de Jean-Jacques Bourdin. "Christine Lagarde est intransigeante et méprisante, a regretté le secrétaire nationale du PCF. Dire (à l'égard des dirigeants grecs) comme elle l'a fait la semaine dernière qu'il fallait enfin 'discuter avec des adultes', c'était méprisant". "Malheureusement, il y a beaucoup de dirigeants des institutions européennes qui parlent avec beaucoup de mépris du peuple grec mais aussi de manière générale des peuples européens qui, soi-disant, ne comprennent pas l'intelligence des experts européens. Mais peut-être que l'un des problèmes en Europe, c'est que l'on devrait écouter un peu plus les peuples justement ", a poursuivi le leader communiste.

"On ne va pas s'en sortir en appauvrissant les plus pauvres"

Ces dernières semaines, le gouvernement d'Alexis Tsipras a refusé les réformes demandées par ses créanciers. Si l'on ne connaît pas le contenu des propositions que les Grecs ont faites 24 heures avant le sommet extraordinaire, des concessions ont pu être faites par Athènes pour parvenir à un accord, notamment l'accélération des suppressions de pré-retraites et la baisse de l'un des seuils de taxation des entreprises.

"C'est totalement inhumain, a réagi Pierre Laurent. En Grèce aujourd'hui, les deux tiers des retraités vivent sous le seuil de pauvreté et on dit qu'il faudrait encore taper sur ces gens-là. Ce n'est pas en appauvrissant ceux qui sont déjà les plus pauvres dans ce pays que l'on va sortir (de la crise)".

Enfin, Pierre Laurent a appelé la France à sortir "de son silence plutôt que de se contenter de compter les points".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin