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Polémique sur les regroupements familiaux: "C'est de la compétence de l'Etat et c'est à lui d'assumer"

Le maire divers droite de Rive-de-Gier (Loire) Jean-Claude Charvin a annoncé mercredi qu'il refuserait dorénavant "systématiquement" toutes les demandes de rapprochement familial ou de séjour sur sa commune, après l'attaque en Normandie et les précédents attentats. Il est venu s'expliquer ce vendredi sur RMC.

Suite aux attentats, Jean-Claude Charvin, le maire divers droite de Rive-de-Gier dans la Loire s'oppose désormais aux regroupements familiaux. Dans un courrier adressé au préfet de la Loire Évence Richard, l'édile de cette commune de 15.000 habitants évoque les retours de Syrie de personnes parties y faire le jihad, "qui risquent de s'amplifier rapidement dans les mois à venir avec les défaites successives de Daech". Il ajoute vouloir être informé de la "présence d'individus dangereux" sur sa commune.

"Je n'ai pas décidé de m'opposer aux regroupements familiaux, j'ai décidé de redonner à l'Etat ce qui était sa compétence initiale, nuance-t-il ce vendredi sur RMC. Je pars du principe que nous sommes en état d'urgence et même en étant de guerre comme l'a affirmé le président de la République. Donc dans ce contexte, j'ai simplement dit que les collectivités locales n'avaient pas à assumer la gestion des demandes des rapprochements familiaux".

"Je n'ai pas à engager la responsabilité de ma collectivité"

Et de préciser: "Moi, en tant que maire de ma commune, je suis capable de mettre de la sécurité avec une police municipale. Je suis capable de renforcer ma vidéosurveillance ou encore de mettre quelques services supplémentaires à destination de la population. Mais il y a un domaine dans lequel je n'ai aucune compétence et pour lequel je ne vois pas pourquoi on sollicite mon avis, c'est celui des regroupements familiaux. Et je pars du principe que dans un contexte de guerre, il serait peut-être un peu urgent de fermer un peu plus nos frontières".

"Je ne veux pas assumer le risque de voir entrer, sous couvert de regroupement familial, des personnes susceptibles de commettre des attentats en France. C'est à l'Etat de l'assumer, insiste Jean-Claude Charvin. La gestion des déplacements de personnes à l'intérieur de la communauté européenne est de la compétence de l'Etat et non de la mienne. Et dans une période de risques d'attentats, je n'ai pas à engager la responsabilité de ma collectivité sur l'accueil de personnes que je ne connais pas".