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Affaire Halimi: le tacle des plus hauts magistrats sur "l'indépendance de la justice" après les déclarations de Macron

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Le chef de l'Etat avait indiqué le "besoin" d'un procès dans l'affaire de cette sexagénaire juive tuée en 2017.

Les plus hauts magistrats de France ont rappelé, dans une rare mise au point, "l'indépendance de la justice" après les déclarations du président Emmanuel Macron sur le "besoin" d'un procès dans l'affaire Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017.

"La première présidente de la Cour de cassation et le procureur général près cette Cour rappellent que l'indépendance de la justice, dont le président de la République est le garant, est une condition essentielle du fonctionnement de la démocratie", indiquent Chantal Arens et François Molins dans un bref communiqué.

"Les magistrats de la Cour de cassation doivent pouvoir examiner en toute sérénité et en toute indépendance les pourvois dont ils sont saisis", affirment les deux plus hauts magistrats du pays.

Cette sévère mise au point intervient après les déclarations du président de la République à Jérusalem jeudi, en marge des cérémonies pour le 75e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau.

Le chef de l'Etat a longuement évoqué la décision de la cour d'appel de Paris qui a déclaré pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017, estimant que "le besoin de procès" était "là".

Tout en affirmant qu'il ne pouvait commenter ouvertement une décision de justice - "Je ne peux vous parler avec le coeur, car le président est le garant de l'indépendance de la justice" - il s'est exprimé en détail sur cette affaire en cours devant la communauté française en Israël.

La rédaction de RMC (avec AFP)