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Agression d'Yvan Colonna dans la prison d'Arles: ce que l'on sait

Condamné pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998, le militant indépendantiste corse Yvan Colonna est depuis mercredi entre la vie et la mort. Il a été agressé par un autre détenu, un Camerounais condamné à une peine de prison de 9 ans pour terrorisme djihadiste.

Depuis mercredi, le militant indépendantiste corse Yvan Colonna est entre la vie et la mort. Le berger de Cargèse a été violemment agressé par un autre détenu dans une salle de musculation de la prison d'Arles, où il purgeait sa peine pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Il a été pris en charge dans un hôpital de Marseille.

Il était toujours ce jeudi matin dans le coma, dans un état stable. "Pas d'amélioration ni de détérioration", a indiqué à l'AFP Me Patrice Spinosi, son avocat et celui de la famille Colonna insistant sur le fait qu'il n'était pas en état de mort cérébrale. Mercredi soir, le parquet de Tarascon avait indiqué qu'il était dans un coma post-anoxique, un type de coma consécutif à une privation d'oxygène dans le cerveau. 

Il était 10h15 mercredi, quand un détenu s'est jeté sur Yvan Colonna en salle de musculation. Il l’étrangle, l’étouffe jusqu’à l’intervention d’un surveillant pénitentiaire. L’assaillant est un Camerounais de 36 ans, condamné à 9 ans de prison pour terrorisme djihadiste. Franck Elong Abé est connu pour avoir fait la guerre en Afghanistan. Il a passé deux ans en prison là-bas avant d’être rapatrié en France.

Pas d'incidents antérieurs entre les deux hommes

Il est incarcéré à Arles depuis 2019 et est décrit comme un détenu plutôt réservé, selon Jessy Zagari, délégué régional FO pénitentiaire PACA.

“C’est un détenu qui est particulièrement à surveiller, mais depuis un an, il était en détention classique. Depuis son arrivée sur la maison centrale d’Arles, il n’y a pas eu de problème ni avec les détenus ni avec le personnel”, affirme-t-il.

Les deux hommes se côtoyaient régulièrement dans cette salle de musculation de la prison, en tant qu'auxiliaires sports. “Il gérait la salle de musculation du bâtiment avec Yvan Colonna. Leurs cellules étaient proches l’une de l’autre. Donc ils se voyaient quasiment tous les jours”, appuie-t-il.

Pour l’heure, on ne connaît pas les raisons de cette agression. Aucun incident entre les deux hommes n’avait été signalé avant cela. La famille d'Yvan Colonna fait part de sa colère et pointe une responsabilité de l'Etat.

Ambre Lepoivre avec Guillaume Descours