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Anouar Kbibech: "Que les musulmans crient haut et fort leur attachement au pacte républicain"

Anouar Kbibech, le président du CFCM, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin vendredi 20 novembre sur RMC.

Anouar Kbibech, le président du CFCM, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin vendredi 20 novembre sur RMC. - RMC

Alors que le CFCM diffuse dans les quelque 2.500 mosquées de France un "texte solennel" condamnant "sans ambiguïté" toute "forme de violence ou de terrorisme", son président appelle tous "les citoyens français de confession musulmane” à proclamer leur attachement "à la France, et aux valeurs de la République".

Après les sanglants attentats de Paris revendiqués par l'organisation jihadiste Daesh, qui ont fait au moins 129 morts vendredi 13 novembre, le Conseil français du culte musulman (CFCM) appelle les "les citoyens français de confession musulmane" à proclamer leur attachement "à leur nation, la France, et aux valeurs de la République" et diffuse auprès des quelque 2.500 mosquées de France un "texte solennel" condamnant "sans ambiguïté" toute "forme de violence ou de terrorisme".

"Au lendemain du drame et de l’horreur absolue que nous avons vécus, il était important que les musulmans de France s’expriment de manière claire et solennelle pour rejeter le terrorisme, rejeter la violence, et crier haut et fort leur attachement au pacte républicain et aux valeurs de la République", explique Anouar Kbibech, le président du CFCM, ce vendredi sur RMC.

"Nous avons généralisé un texte commun qui va être lu pendant le prêche du vendredi. Il faut savoir qu’il y a un million de fidèles qui se rendent à la prière du vendredi sur les 2.500 mosquées de France", détaille-t-il. "Les imams vont porter ce message de condamnation du terrorisme avec un argumentaire théologique justement, pour démonter l’argmentaire qui est utilisé par les jihadistes pour dévoyer et recruter nos jeunes."

"Il faut que la loi s'applique"

"Les citoyens français -puisque nous sommes des citoyens à part entière- de confession musulmane doivent proclamer leur attachement à la République", insiste Anouar Kbibech.

Et pour que le message soit très clair, le président du CFCM -qui dit craindre "une explosion des actes antimusulmans"- se dit favorable à l’expulsion des imams qui véhiculent des discours extrêmistes. "Si tel ou tel imam ou tel ou tel responsable de mosquée véhicule un message d’appel à la violence, voire d’appel à la haine voire au terrorisme, ce sont des propos qui tombent sous le coup de la loi et il faut que la loi s’applique. Toute la loi mais rien que la loi."

Une "charte de l'imam" en préparation

Après l'appel d'Alain Juppé à ce que tous les imams de France prêchent en Français, Anouar Kbibech assure que c'est déjà le cas dans beaucoup de mosquée. "Il y a une pratique qui est en train de se généraliser. Le prêche commence en arabe et se termine en arabe, parce que dans la liturgie musulmane, c’est ce qu’il faut faire." Mais "aujourd'hui", dit-il, "80% du prêche est en français parce qu’il n’y a pas que des fidèles arabophones."

Le CFCM est d’ailleurs en train de travailler sur un cursus sur lequel chaque imam devrait passer pour être certifié par cet organe représentatif de l’islam en France", indique-t-il. "Le CFCM est en train de travailler sur une charte de l’imam. Avec notamment "des engagements forts sur le discours d’ouverture que doit porter l’imam", précise-t-il "et également ses engagements pour le respect de valeurs et des lois de la République". "On pourra certifier l’imam pour leur donner ce 'permis de conduire' la prière et les fidèles dans les mosquées", fait-il valoir.

V.R.