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Augmenter le nombre de réservistes dans la police pour retisser le lien avec la population, est-ce la bonne solution?

Gérald Darmanin, souhaite créer une réserve opérationnelle, dans la police nationale, comme ce qui existe dans la gendarmerie. L'objectif, injecter des personnes issues de la société civile dans les rangs de la police.

Pour améliorer la relation entre la police et la population, le ministre de l'Intérieur souhaite renforcer les effectifs des réservistes de la police nationale. La police compte 6700 réservistes, pour la plupart des retraités de ses rangs. Le ministre souhaite porter ce chiffre à 30 000. Est-ce la bonne solution pour retisser le lien entre la police et la population ?

Laurent Simon, commissaire central de Lorient à la retraite, est de retour auprès de ses anciens collègues. Le policier réserviste dédie deux jours par semaine à sa nouvelle mission, délégué à la cohésion police-population.

“La police est une police d’intervention. C’est une police qui passe. Il manque cette pose qui permette d’aller au contact de la population. Et c’est ce lien que moi, je souhaite tisser”, assure-t-il.

En tenue civile, direction un quartier de Lorient où un trafic de drogue a été démantelé aux pieds des immeubles. “La population était extrêmement gênée, donc on va faire un petit point pour voir où on en est”, indique-t-il.

Laurent Simon assure le suivi auprès de Nathalie membre d’un collectif de riverains en colère.

“La police n’est pas là que pour être les méchants, mais aussi pour nous aider. Monsieur Simon prouve qu’il y a une autre façon d’être policier”, affirme-t-elle.

Un travail que les policiers n'ont pas le temps de faire 

Un atout aussi pour le travail des policiers, explique Patrick Leseur actuel commissaire central de Lorient. “Il a du temps pour faire un travail sur des tendances dans un quartier, une ambiance qui va nous surveiller quelque chose pourrait se déclencher", estime-t-il.

Sauf que les futurs policiers réservistes ne seront pas tous aussi expérimentés. Leur encadrement sera donc essentiel estime Laurent Simon.

“Il va falloir des policiers expérimentés pour les accompagner sur la voie publique. Le malfaisant ne fait pas la différence que vous soyez un réserviste ou un policier d’active. Il faut donc que leur mission soit précise”, insiste-t-il.

Avec par exemple une présence renforcée au cœur de la population pour tisser du lien en dehors des missions d’interventions.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours