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Crash du vol d'EgyptAir: "on a tous besoin de commencer un deuil", dit un proche de victime

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Un mois après le crash du vol MS 804 d’EgyptAir, le 19 mai, les familles des victimes françaises lancent un appel au président de la République et se regroupent en association. Elles se sentent mises à l’écart et dénoncent l’opacité de l’enquête.

Le vol MS804 d’EgyptAir reliant Paris au Caire s’est abîmé en mer il y a maintenant un mois, le 19 mai. Ces derniers jours, alors qu’on ne sait toujours pas à quoi est due la catastrophe, les nouvelles se sont multipliées: mercredi, les débris de l’avion ont été détectés, et les deux boîtes noires ont été repêchées jeudi et vendredi. Mais ces étapes cruciales ne suffisent pas à rassurer les familles des victimes françaises du crash, qui se sentent mises à l’écart depuis le début de l’enquête. Aucun juge d'instruction français n'a été saisi. Seule une commission d'enquête égyptienne est chargée d'élucider l'accident.

Parmi les 66 personnes à bord du vol MS804, 15 victimes étaient françaises. Aujourd’hui, leurs proches se sont regroupés en "Association des familles de victimes du vol EgyptAir MS804" afin de faire entendre leur voix et lançent un appel au président de la République. Pour ces familles, l’attente est insupportable, et l’enjeu est désormais la recherche des corps.

Une inquiétude "légitime"

"On a tous besoin de commencer un deuil, et d’être rassurés sur le fait qu’un nouveau bateau ou le bateau actuel va rester sur place et effectuer une opération de relevage des corps", explique Florent. Il n’espère aujourd’hui qu’une chose: qu’on repêche enfin le corps de son frère, disparu dans ce crash.

Le manque d’informations que dénoncent les familles ne fait qu'augmenter leur souffrance. D’autant que le temps presse, car le bateau qui quadrille la zone de recherche devrait cesser sa mission dimanche prochain.

"L’inquiétude des familles est légitime. On se pose énormément de questions sur l’enquête et les opérations qui sont menées par les autorités égyptiennes. J’ai pour ma part essayé d’aller sur le site de l’aviation civile égyptienne, pour voir les informations qui sont diffusées, et on n’arrive absolument pas à accéder à cette page. Ce qui me semble totalement inconcevable", témoigne Maître Sébastien Busy, avocat de la fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs.

Se regrouper pour sortir de l'isolement

"Cette association, c’est un appel à l’aide, un appel au secours pour dire 'on existe'. Finalement, ces familles ont le sentiment d’être oubliées", déplore Stéphane Gicquel. Secrétaire général de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Attentats et d'Accidents Collectifs), il a épaulé les familles de victimes dans la création de cette association.

"Constituer une association, c’est d’abord faire en sorte que les victimes ne soient pas isolées face à quelque chose de complexe, c’est le principe fondamental que l’union fait la force. Ça participe aussi de la réparation de ces familles, d’agir ensemble, pour la mémoire et la défense de leurs proches décédés", conclut-il.

Prochaine étape pour l’association, qui va bientôt ouvrir une page Facebook et un compte twitter, réunir aussi les proches des victimes d’autres pays, car le vol comptait des ressortissants de douze nationalités.

C.V. avec Léa Zacharie et Jacques Serais