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Daesh: la réponse de Jean-Jacques Bourdin aux tweets du Front National et de Marine Le Pen

Jean-Jacques Bourdin répond à Marine Le Pen

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Jean-Jacques Bourdin n'a pas voulu polémiquer sur les accusations ce mercredi des dirigeants du Front National, Marine Le Pen en tête, mais il a rejeté toute ambiguïté sur ses propos. Selon la dirigeante du FN, Jean-Jacques Bourdin aurait comparé le FN à Daesh, responsable des attentats du 13 novembre.

Alors qu'il présente le livre de son invité du 8h35, le politologue et spécialiste de l'islam Gilles Kepel (auteur deTerreur sur l’hexagone, chez Gallimard), ce mercredi sur RMC et BFMTV, Jean-Jacques Bourdin le questionne : "Dans votre livre vous faites le lien entre le jihadisme français et la poussée du Front National ?". Puis, après une première réponse de l'islamologue, le journaliste de RMC et BFMTV ajoute : "Je vais revenir sur les liens entre Daesh et le Front National, enfin les liens… pas les liens directs entre Daesh et le FN mais ce repli identitaire qui finalement est une communauté d’esprit, parce que l’idée pour Daesh c’est de pousser la société française au repli identitaire ?".

Photos de décapitation

Quelques instants plus tard, Marine Le Pen charge RMC en accusant Jean-Jacques Bourdin de faire le lien entre Daesh et le Front National, dans des tweets particulièrement violents, dans lesquels elle publie des photos de propagande de Daesh montrant des meurtres et une décapitation (tweets que nous vous épargnons, NDR).

"Je ne vais absolument pas retirer mes propos"

Mis au courant de ces accusations, Jean-Jacques Bourdin a tenu à les démentir, en présence de Gilles Kepel, lors de son retour au studio de RMC. "Je ne vais absolument pas retirer mes propos, explique alors Jean-Jacques Bourdin. Parce que nous n'avons absolument pas fait le parallèle entre Daesh et le Front National, mais nous avons parlé de repli identitaire à la fois chez beaucoup d'électeurs du Front National et du côté du jihadisme français". "Oui c'est ça", soutient Gilles Kepel.

"A aucun moment je n'ai dit que le FN était comme Daesh !"

Quelques minutes plus tard, Jean-Jacques Bourdin est revenu une dernière fois sur ses propos (vidéo ci-dessous). "Je voudrais encore répondre, calmement, aux excès des dirigeants du Front National. J'ai relu ce que j'ai dit tout à l'heure à la présentation du livre de Gille Kepel : 'Ce livre fait la genèse du jihad français et pose de nombreuses questions. Daesh joue avec les peurs et veut pousser la société française au repli identitaire. Quel lien entre le succès du FN au premier tour des régionales et les attentats du 13 novembre. Daesh cherche-t-il à organiser un climat d'insécurité en France ? Ne tombe-t-on pas dans le piège ?'".

"Voilà, vous me direz à quel moment j'ai dit que le FN était comme Daesh ! A aucun moment. Mais à aucun moment", poursuit le journaliste, dénonçant une "réaction hystérique de la part des dirigeants du Front National". "Cette hystérie est parfaitement dérisoire. J'ai trop de respect pour les électeurs du FN pour entrer dans une polémique parfaitement inutile", a conclu Jean-Jacques Bourdin.

Enfin, Jean-Jacques Bourdin a été interpellé en fin d'émission par un auditeur électeur du FN, qui s'est "senti insulté". Une nouvelle occasion de revenir sur ses propos, en compagnie de Gilles Kepel.

P. G.