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Des armes pour les policiers municipaux ? "On ne peut qu'approuver", juge un maire

Des policiers municipaux en armes, à Toulouse (Photo d'illustration).

Des policiers municipaux en armes, à Toulouse (Photo d'illustration). - Eric Cabanis - AFP

François Hollande a annoncé mercredi, moins d'une semaine après les attentats de Paris, que les stocks d'armes de la police nationale seraient mis à disposition des policiers municipaux des communes qui le souhaitent. Armer la police municipale ? La question divise… un peu moins aujourd'hui.

C'est un vieux débat que les attentats de Paris sont quasiment en train de trancher: faut-il armer les policiers municipaux ? François Hollande l'a souligné mercredi: ils sont "eux aussi exposés au risque" terroriste, évoquant la mort de Clarissa Jean-Philippe, policière municipale assassinée le 8 janvier à Montrouge (Hauts-de-Seine) par Amedy Coulibaly. 45% des policiers municipaux sont armés aujourd'hui (chiffres du syndicat de défense des policiers municipaux). Le président a donc annoncé que les mairies qui le souhaitent pourront utiliser le stock d'armes de la police nationale pour équiper leurs policiers municipaux.

"Des cibles pour les fanatiques"

Une mesure qui réjouit François Baroin, le président de l’association des maires de France et sénateur-maire (LR) de Troyes. "Il n'est pas concevable de laisser dans nos rues des policiers municipaux en uniforme qui deviennent des cibles mouvantes pour les fanatiques qui traînent encore dans nos rues. Il faut les protéger, sinon ils n'iront pas dans la rue".

"On ne peut qu'approuver", coupe Laurent Laroche, maire de Belabre, petite commune de l’Indre. "On nous annonce un état de guerre. Alors je préfère que ce soit les policiers municipaux qui s'arment plutôt que la population", prétexte-t-il.

A Villeneuve-le-Roi, matraques et lacrymogènes pour la municipale

A Villeneuve-le-Roi, près d'Orly dans le Val-de-Marne, les agents de la police municipale demandent des armes depuis des années. Dans leur petit local qu'a visité RMC, les 12 agents disposent de… matraques et de bombes lacrymogènes. C'est loin d'être suffisant pour leur chef, Jérome Turchi. "On n'a pas le matériel nécessaire pour faire le poids face à des gens de ce type-là. On est souvent les premiers intervenants donc on peut être à tout moment amenés à tomber sur des individus dangereux".

Le maire de la ville, Didier Gonzales (LR), a déjà fait six demandes à la préfecture. Sans résultats. Il espère que cette fois les promesses de François Hollande seront suivies d'effet. "Lorsqu'il y a eu la précédente vague d'attentats en janvier, il y a eu une circulaire pour permettre un armement de la police municipale", rappelle-t-il avant de s'agacer : "Mais qu'est-ce qu'on attend ? Je demande l'application en urgence de cette circulaire". "Aujourd'hui on me demande de prendre des mesures de protection des écoles, mais s'il arrive quelque chose dans une école qui envoie-t-on ?".

"Les attentats ne doivent pas être un prétexte pour faire n'importe quoi"

Mais pour l'élu d'opposition Daniel Guérin, si la préfecture refuse d'armer la police municipale de la ville, c'est pour de bonnes raisons : "La police municipale à Villeneuve-le-Roi a été engagée dans plusieurs incidents avec la population". S'il assure ne pas être "défavorable par principe à l'armement de la police municipale", il prêche pour "des règles d'éthique et de déontologie". "Les attentats ne doivent pas être un prétexte pour faire n'importe quoi. Les règles doivent être respectées dans tous les domaines, y compris dans l'armement de la police municipale".

Pour éviter justement des dérives, certains édiles préfèrent ne pas confier des armes à leurs policiers. Une précaution que prend Jean-Marie Tétard, député-maire (LR) d’Houdan, dans les Yvelines. "Dans ma commune de 3.5000 habitants, je n'envisage absolument pas que mes trois policiers municipaux soient armés. Ils ne pourront pas être suffisamment formés pour le faire. Beaucoup de communes l'ont adopté, et il faut envisager l'extension seulement dans des communes assez importantes".

P. Gril avec A. Roger et M. Dupin