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Enquête RMC: quels chiffres pour les reconduites à la frontière des étrangers en situation irrégulière?

Trop sévère ou trop laxiste? Au delà des polémiques, RMC s'est penché sur la réalité des expulsions. Et malgré la volonté des gouvernements, plusieurs obstacles persistent.

Le projet de loi "Asile et Immigration" doit être présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Un des objectifs: augmenter les reconduites aux frontières. Selon une enquête RMC, seules 15% des mesures de reconduites à la frontière des étrangers en situation irrégulière ont été exécutées l'an dernier selon un rapport parlementaire. Concrètement, 6.600 personnes ont été expulsées dans leur pays d'origine en 2016, selon le ministère de l'Intérieur. 

Un chiffre qui s'explique de plusieurs manières. Il est parfois difficile d'identifier les personnes, interpellées sans papier. Sans pays d'origine: il est impossible de les expulser et elles retournent ainsi à la clandestinité. 

"L'Etat français doit renégocier avec des pays"

Autre obstacle: le manque de coopération de certains pays. Lorsqu'un immigré en situation irrégulière est placé en centre de rétention administrative, il faut que son pays le reconnaisse et accepte de le reprendre. Or, certains états refusent de répondre ou le font hors-délai. Parmi les mauvais élèves l'Algérie, le Maroc la Tunisie, le Mali ou encore l'Egypte. Seule solution, la voie diplomatique. Pour François-Noël Buffet, sénateur les Républicains, des mesures de rétorsion doivent être prises contre les Etats récalcitrants: 

"Ca veut dire que l'Etat français renégocie avec ces pays-là des accords de réadmission et passe un deal. Quitte à expliquer qu'on ne donner plus de titres de séjour s'il n'y a pas une meilleure coopération. Vous pouvez viser les visas tourisme, les accords de regroupements familiaux. Ca ne peut marcher que si vous avez la volonté politique forte". 

D'autres expulsions s'avèrent inefficaces, comme c'est le cas des Dublinés, c'est a dire les personnes que l'on renvoie dans le pays de l'Union européenne où elles ont fait leur demande d'asile, en vertu des accords de Dublin. 2500 personnes en situation irrégulière ont ainsi été concernées en 2017. Rien ne permet d'assurer ensuite que l'Etat en question les renvoie dans leur pays d'origine.

Claire Andrieux et X.A