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État d'urgence sanitaire: depuis deux semaines, la justice tourne au ralenti

omparutions immédiates au tribunal judiciaire de Paris, seules audiences qui se tiennent encore, où là aussi, tout tourne autour du confinement,

Depuis deux semaines et la publication des ordonnances du 26 mars qui encadrent l'état d'urgence sanitaire, la justice tourne au ralenti. Les tribunaux sont fermés au public, les personnels de justice, greffiers, magistrats, avocats, fonctionnent en effectifs réduits. Et les audiences limitées aux seuls "contentieux essentiels", une justice d'urgence donc.

Les couloirs du tribunal sont vides, silencieux. Dans la salle d'audience magistrats , greffiers et policiers tentent de respecter les gestes barrières comme ils peuvent. Un mur de cellophane sépare les avocats des prévenus, qui eux ont un masque. Ils seront jugés sans public, explique l'avocate Camille Vannier.

“La publicité des débats qui est d’habitude quelque chose qui doit être respectée ne l’est pas du tout. C’est une situation très particulière”, admet-elle.

Beaucoup d'affaires renvoyées

En plein confinement le tribunal juge des dossiers de violences conjugales, violences contre les forces de l'ordre ou encore une tentative de vol dans une pharmacie parisienne par cet Algérien de 22 ans. Il écope de 2 mois de prison avec sursis "un avertissement" pour cette fois. Mais dans d'autres cas des prévenus sont envoyés en détention pour des délits liés au non-respect du confinement selon Camille Vannier.

“On envoie des gens en détention là où la santé publique est un problème et où tout va exploser très bientôt parce que les détenus ont une peur panique du coronavirus”, explique-t-elle.

De nombreuses affaires sont renvoyées même si les perspectives sont relativement lointaines explique le tribunal. Pas de date possible avant 2021 dans certains cas. Après deux mois de grève des avocats, tous les personnels de justice craignent un embouteillage impossible à absorber.

Gwladys Laffitte et Juliette Pietraszewski avec Guilaume Descours