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Accidents de chasse: "Dans 20 ans, on se dira que c'était fou que ce loisir existe encore en 2022"

Pierre Rigaux, écologue et militant pour une journée sans chasse, estime sur RMC que la chasse-loisir doit être abolie.

L'automne sonne le retour de l'éternel conflit rural entre chasseurs et promeneurs. Le week-end dernier a été marqué par plusieurs accidents de chasse choquants.

Un homme de 62 ans a vu son pronostic vital engagé après avoir été grièvement blessé par un chasseur dans la Drôme alors qu'il cueillait des champignons. Dans le Rhône, c'est une femme de 33 ans et ses deux enfants âgés de 8 et 10 ans ont été touchés par des tirs de chasseurs au niveau des jambes alors qu'ils se baladaient.

Pour ce deuxième accident, le chasseur de 81 ans explique avoir été "ébloui par le soleil" pour justifier son tir, une justification qui fait bondir Pierre Rigaux, écologue et militant pour une journée sans chasse.

"A chaque fois il y a une bonne excuse. Des fois, ils disent que c’est l’animal qui ne s’est pas comporté comme ils auraient voulu… Il y a toujours un truc qui ne va pas. Sauf qu’il y a des gens qui se promènent et qu’il y a des chasseurs à peu près partout", note-t-il au micro de RMC.

"C’est absolument aberrant, en vérité, que ce loisir existe encore"

Ce dernier estime qu'il faut tout simplement tendre vers l'abolition de la chasse pour que les drames s'arrêtent.

"C’est un loisir qui consiste à utiliser des armes à feu dans la forêt... C’est absolument aberrant, en vérité, que ça existe encore. Je pense que dans 20-30 ans, ou quand on aura progressé dans l’abolition de cette activité, on se dira que c’était fou. Qu’on utilise des carabines pour tirer à plusieurs centaines de mètres, juste pour le plaisir de tuer des animaux, et en mettant en danger les gens… C’est un truc de fou en fait."

Une solution de transition selon Pierre Rigaux est que le dimanche soit interdit aux chausseurs, afin tout le monde puisse se rendre dans une forêt sans craindre de se faire tirer dessus.

"Ce serait le minimum que le dimanche, on puisse aller se balader en étant sûrs qu’il n’y ait pas de chasseurs. Cela fait des décennies qu’on le demande, et ça existe dans certains pays. On parle d’un loisir qui gêne les autres. Il y a l’intérêt des gens, l’intérêt des campagnards, comme moi, qui dans leur immense majorité ne sont pas chasseurs, donc ce serait le minimum."

"Il y a des gens qui sont tués tous les ans, juste parce qu'ils se baladent dans la nature, c’est quand même insupportable"

Les chiffres de l'Office français de la biodiversité font état d'une baisse du nombre d'accidents chaque année, mais selon Pierre Rigaux, la gravité des incidents est trop importante pour s'en satisfaire.

"Il y a, il faut le reconnaître, certains petits progrès de sécurité, mais c’est en partie lié à la baisse du nombre de chasseurs depuis 20 ans. Ça ne suffit pas. Il y a des gens qui sont tués tous les ans juste parce qu’ils se baladent dans la nature, c’est quand même insupportable", conclut-il.

J.A.