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Affaire Mila: le nouveau président du CFCM affirme "accepter que l'islam soit critiqué" sans "mise à l'index des musulmans"

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"Trop souvent, le droit de critiquer notre religion sert de paravent à la mise à l'index des musulmans" estime Mohammed Moussaoui.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a affirmé jeudi qu'une "solution" de rescolarisation avait été trouvée pour Mila, qui a dû quitter son lycée en Isère après avoir été visée par des menaces de mort pour des propos hostiles à l'islam.

Le même jour, Mohammed Moussaoui, nouveau président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a affirmé jeudi "accepter que l'islam soit critiqué", mais cela ne doit pas entraîner "la mise à l'index des musulmans".

"La liberté d'expression est fondamentale. Elle est source d'enrichissement et de progrès par la diffusion d'idées et d'opinions qu'elle permet. Elle est le fondement de notre démocratie et le rempart contre toutes les formes d'aliénation", écrit Mohammed Moussaoui, dans une tribune publiée sur le site internet de Marianne. "Nous devons accepter que l'islam soit critiqué y compris dans ses principes et fondements", poursuit-il, un peu plus de deux semaines après le début de l'affaire Mila, une lycéenne menacée de viol et de mort après avoir critiqué avec virulence l'islam dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Elle n'a depuis toujours pas réintégré son établissement.

"Nous devons accepter tous les débats et refuser toutes les violences"

Pour le nouveau président du CFCM, "certains musulmans s'égarent en pensant défendre la dignité de leur religion par la menace, la violence ou l'insulte". 

Or, "ils ne font que renforcer et développer la caricature de tous ceux qui veulent réduire l'islam à l'intolérance et à la violence. Ces débordements et ces intimidations sont injustifiables tant vis-à-vis des préceptes de la religion musulmane qu'au regard de la loi républicaine dans laquelle s'exerce notre culte", écrit-il. "Nous devons accepter tous les débats et refuser toutes les violences", affirme-t-il encore.

Cependant, déclare le président du CFCM, "nous devons, quand la liberté de critiquer devient la volonté d'offenser et de désigner notre communauté de croyants à la vindicte, user de notre droit à défendre nos croyances (...) et de recourir aux procédures que confère notre Etat de droit. L'insulte et l'injure ne seront jamais des expressions respectables ou acceptables".

"Trop souvent, le droit de critiquer notre religion sert de paravent à la mise à l'index des musulmans. Trop souvent, il sert à justifier des formes d'exclusion ou de ségrégation. Voilà pourquoi la justice doit être saisie chaque fois que la frontière entre l'expression libre et la volonté délibérée d'offenser est franchie", poursuit-il. 
La rédaction de RMC (avec AFP)