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Caroline, 34 ans, tuée par son propriétaire: "Elle avait plusieurs fois téléphoné à la gendarmerie"

Un homme de 68 ans a été mis en examen pour homicide volontaire avec préméditation jeudi dans l'Oise: il est suspecté d'avoir abattu sa locataire mardi à Amblainville. Sur RMC, la mère de la victime souhaite que "Justice soit faite".

Avant le drame, elle avait tenté de rassurer sa mère. Un sexagénaire a été mis en examen jeudi pour l'assassinat de sa locataire d'un coup de fusil. L'homme de 68 ans a été placé en détention à Beauvais. Il est poursuivi pour homicide volontaire avec préméditation et détention d'armes et de munitions de catégorie C.

Les faits remontent à mardi et se sont déroulés dans une ferme du village d'Amblainville, dans l'Oise où plusieurs logements étaient loués par le même homme. Selon le procureur de la République de Senlis, dans l'Oise, le suspect a reconnu avoir tué sa locataire, Caroline Peinado y Ortega, 34 ans.

Lors de sa garde à vue, l'homme explique que le coup de feu était accidentel. Une version peu crédible selon les enquêteurs: son fusil lui aurait glissé des mains. Or le coup a été tiré à bout portant, précise une source judiciaire.

Elle avait rendez-vous à la gendarmerie le jour du drame

Caroline avait emmenagé début juillet et ses relations avec le propriétaire étaient très conflictuelles, d'où son déménagement prévu en septembre. La veille du drame, les gendarmes étaient d'ailleurs intervenus sur place pour tenter d'apaiser les tensions entre les deux parties. Le propriétaire venait de couper l'eau et l'électricité à sa locataire. 

Dans la soirée de lundi à mardi, les gendarmes étaient passés voir si tout allait bien. Ils avaient donné rendez-vous à la jeune femme le lendemain matin pour déposer plainte. Mais Caroline n'a jamais pu se rendre à la gendarmerie.

Dans la matinée, elle se rend compte que le badge qui lui permet d'ouvrir le portail de son domicile a été désactivé. Paniquée, elle prévient les forces de l'ordre. Les voisins entendent un appel au secours suivi d'un coup de feu. Les gendarmes arrivent trop tard et découvrent le corps de Caroline sans vie dissimulée dans une annexe de la ferme, touchée au thorax.

"Elle n'avait qu'une hâte: quitter cet endroit"

Sur RMC, Marie-Christine Le Nen-Luce, la mère de la victime veut garder intacte la mémoire de sa fille: "Caroline était quelqu'un de plein de vie. Quelqu'un d'attachant. Elle avait plein de projets. Elle n'avait qu'une hâte: quitter cet endroit. Elle devait signer un bail pour un nouvel appartement et emménager le 1er septembre". 

Au micro de RMC, elle souhaite obtenir justice pour sa fille:

"Encore lundi soir, je lui ai proposé d'aller la chercher. Elle m'a dit 'non, j'ai rendez-vous avec la gendarmerie, il faut que j'y aille. Ne t'inquiètes pas, ça va aller'. Et elle avait d'ailleurs plusieurs fois téléphoné à la gendarmerie pour divers problèmes qu'elle rencontrait avec son propriétaire. Je suis plus en colère après un système car il semblerait que ce ne soit pas les premiers événements ou les premières fois qu'il y ait des choses à reprocher à cette personne. J'ai cru comprendre qu'il y avait des plaintes qui avaient été classées sans suite et ça je le comprends pas. Comment peut-on attendre qu'il y ait eu un crime pour agir? Elle voulait que justice soit faite, j'espère que justice sera faite et qu'effectivement il sera puni et condamné pour ce qu'il a fait."
Marion Dubreuil et X.A