RMC

Lille: "a priori" pas de victime après l’effondrement de deux immeubles en centre-ville

Immeuble effondré à Lille: des pompiers sont déployés pour déblayer les gravats, accompagnés de policiers qui ont sécurisé le périmètre.

Immeuble effondré à Lille: des pompiers sont déployés pour déblayer les gravats, accompagnés de policiers qui ont sécurisé le périmètre. - BFM Lille

Deux petits immeubles mitoyens se sont effondrés samedi matin dans une rue commerçante en plein centre de Lille, sans faire de victime a priori, les logements ayant été évacués dans la nuit par précaution grâce au signalement d'un habitant qui rentrait chez lui.

Un bâtiment de trois étages en travaux s'est écroulé, entraînant un immeuble voisin dans sa chute vers 9h15 dans la rue Pierre-Mauroy, une rue très passante de la ville, mais avant l'ouverture des magasins.

Selon la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, une dizaine de personnes avait déjà été évacuée dans la nuit et il n'y a "a priori" pas de victime.

"Un jeune est rentré à 3h du matin et il s'est rendu compte que le mur (du bâtiment) était gondolé" et la porte ouverte, a indiqué Martine Aubry. L’homme a alors prévenu la police municipale et les pompiers, qui ont décidé d'évacuer un bâtiment, l'autre semblant vide, estimant "qu'il y avait un vrai risque".

Selon la maire de Lille, présente sur place, la plupart des habitants ont été relogés dans leur famille ou chez des amis.

"J'en tremble encore car si cette nuit ce monsieur n'était pas rentré à 3h du matin, et ne nous avait pas joints, et qu'on ait pas eu ces réactions, il y a aurait des morts ce (samedi) matin à l'évidence. On lui doit une fière chandelle", a poursuivi Martine Aubry.

"Manifestement aucune victime n'est à déplorer," a tweeté le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, remerciant également "l'étudiant qui a, cette nuit, donné l'alerte".

Les secours toujours "en reconnaissance"

La maire de Lille a précisé avoir pris "un arrêté de péril imminent". Les bâtiments avoisinants ont eux aussi été évacués samedi matin "par précaution".

Des pompiers étaient déployés en nombre en fin de matinée pour vérifier les risques et commencer à déblayer les gravats, un mélange poussiéreux de briques et de poutrelles en métal, restes d'un échafaudage sur la façade du bâtiment.

"Il n'y avait pas d'alerte particulière sur cet immeuble, ce n'était pas un immeuble frappé d'insalubrité", a affirmé à l'AFP le ministre délégué au Logement, Olivier Klein.

"Heureusement, il n'y a pas à ce stade de victime à déplorer. Il y a encore des levées de doutes qui sont faites notamment sur le trottoir mais il semble que personne n'était devant au moment de l'effondrement", a-t-il ajouté.

Les pompiers étaient toujours en "reconnaissance" en vue de retrouver "d'éventuelles victimes", ont-ils indiqué, mais selon Martine Aubry, les chiens n'ont rien décelé. Des vérifications sont en cours par drone.

Des pompiers forçaient par ailleurs des portes de magasins au pied des immeubles voisins afin de vérifier la présence d'éventuelles fissures mettant en péril les bâtiments ou de fuites de gaz consécutives à l'effondrement.

"J'ai eu la peur de ma vie"

Le périmètre était sécurisé par de nombreux policiers et deux ambulances du SAMU et du SMUR étaient également sur place, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"On a entendu un bruit de quelques secondes, tout doucement au début. On a pensé que c'était l'échafaudage qui tombait", a raconté à l'AFP Ludovic Ficher, 30 ans, qui travaille dans un immeuble mitoyen.

"Quand on s'est rendu compte que c'était tout l'immeuble qui était en train de s'effondrer, on est tous partis en courant", a-t-il ajouté. "J'ai eu la peur de ma vie."

"On n'a pas entendu de gros boum" mais un bruit "de métal et de béton", a raconté une autre voisine évacuée.

A.L. avec AFP