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"Mein Kampf", tweets haineux... Prison avec sursis pour le greffier du tribunal de Périgueux

Le tribunal correction de Cahors va devoir trancher

Le tribunal correction de Cahors va devoir trancher - -

Un ancien militaire de 41 ans, devenu fonctionnaire au tribunal judiciaire de Périgueux (Dordogne), a été condamné mercredi pour "provocation à la haine" par la cour d'appel de Limoges.

Garant des valeurs de la justice et du respect des procédures, le greffier d'un tribunal est un personnage central du système judiciaire. Recruté sur concours, il est même l'auxiliaire de justice le plus proche d'un juge dans un tribunal. Mais un des greffiers du tribunal judiciaire de Périgueux s'est fait remarquer sur les réseaux sociaux pour des propos violents qui l'on conduit... à passer devant le juge.

Comme le raconte le quotidien régional Sud-Ouest qui a suivi l'affaire en longueur, cet homme de 41 ans écrivait sous le pseudonyme "Conan" sur Twitter, et publiait de nombreux messages de haine: "Mieux vaut être fasciste que pédé", "Vivement la remigration", "Que les policiers fassent usage de leurs armes en dépit des ordres reçus et du cadre légal et tout cela cessera. La violence appelle la violence" ou encore appelait à prendre les armes pour défendre la race blanche...

En première instance, l'avocat du prévenu, également avocat d'Alain Soral, plaide le "3e degré" et "l'humour mal compris"

Des tweets publiés entre février et juillet 2021 dont la police a rapidement identifié l'auteur. Les forces de l'ordre ont ensuite saisi le téléphone du suspect et noté qu'il avait déjà eu par le passé deux comptes suspendus par Twitter. Une perquisition a été ordonnée, et d'autres éléments troublants ont été trouvés à son domicile: des exemplaires de Mein Kampf, un fond d'écran avec Hitler sur drapeau Nazi, des autocollants de mouvements identitaires radicaux...

Jugé en première instance à Brive fin octobre 2021 et représenté par l'avocat de l'essayiste controversé Alain Soral, Me Damien Viguier, la défense avait plaidé le "3e degré" et de "l'humour mal compris". Cela n'a pas convaincu le tribunal correctionnel qui a condamné le greffier à 4 mois de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende pour "provocation publique à la haine ou à la violence" suivant cette salve de messages racistes, antisémites et suprémacistes.

Ce mercredi, les juges de la cour d'Appel de Limoges ont confirmé le jugement de première instance et ont bien condamné le prévenu à cette peine de prison, réduisant l'amende de 2.000 à 1.000 euros. Fonctionnaire dépendant du ministère de la Justice, le condamné avait été révoqué de ses fonctions de greffier dès novembre 2021.

J.A.