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Fermeture de la mosquée de Lagny: "On a tourné la page", assure ses nouveaux dirigeants

Entrée de la mosquée de Lagny, fermée par les autorités mercredi 02 décembre.

Entrée de la mosquée de Lagny, fermée par les autorités mercredi 02 décembre. - Thomas Samson - AFP

Les dirigeants actuels de la mosquée de Lagny, en Seine-et-Marne, ne comprennent pas pourquoi les autorités ont fermé leur lieu de culte. Ils estiment avoir fait le ménage des anciens dirigeants. Même la mairie fait part de son scepticisme, malgré des perquisitions policières qui ont semblé fructueuses.

Pour le Premier ministre Manuel Valls, c'est une mosquée salafiste qui représentait "un vrai danger", évoquant notamment des prêches de haine. Mais 24 heures après la fermeture de la mosquée, ses dirigeants actuels et même la mairie ne comprennent toujours pas pourquoi celle-ci a été visée. La vaste opération policière de mercredi a pourtant abouti à 22 interdictions de sortie du territoire et 9 assignations à résidence "d'individus radicalisés". Les policiers ont même récupéré au domicile d'un fidèle des documents sur le jihad, un disque dur et un revolver 9mm.

"On n'accepte pas les discours haineux dans notre mosquée"

L'opération visait un homme : Mohamed Hammoumi. Un imam salafiste qui officiait ici jusqu'en décembre 2014, avant de partir en Égypte avec une dizaine de candidats au jihad. C'est Mohammed Ramdane qui l'a remplacé aujourd'hui. Et lui l'assure sur RMC, la mosquée n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était sous Hammoumi. "On a tourné la page. C'est une nouvelle association qui gère et qui n'a aucun lien avec ce qu'il s'est passé. Il n'y a rien à cacher donc les policiers n'ont rien trouvé. On n'accepte pas l'islam radical et les discours haineux dans notre mosquée". Ici, les prêches quotidiens sont enregistrés à l'avance et contrôlés par l'association.

Parmi les neuf personnes assignées à résidence mercredi, certains fréquentaient effectivement la mosquée à l'époque de Mohamed Hammoumi. Mais pour l'actuel imam, ces personnes ne représentent pas de danger. "Il y a trois personnes que je connais. Il y a surtout une personne, quelqu'un d'ordinaire, qui travaillait comme éducateur en plus". L'imam déplore que les fidèles n'aient plus de lieux où prier.

"Ils paient juste (leur passé)"

La mosquée de Lagny victime d'un zèle lié à l'état d'urgence ? C'est ce que sous-entend la mairie, qui assure être en lien constant avec le lieu de culte. "On ne se sent pas une plaque tournante du jihadisme, tempère Pierre Tebaldini, directeur de cabinet du maire. On sait juste qu'il y a un passé assez lourd. L'état d'urgence permet de fermer des lieux de cultes suspects, donc voilà, ils paient juste (leur passé)". En attendant les résultats de l'enquête, les musulmans de Lagny-sur-Marne n'ont plus de lieu de culte. La mosquée est fermée jusqu'à la fin de l'état d'urgence.

Philippe Gril avec Amélie Rosique