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Hommage national: "C'est important d'être présent. C'est mon devoir"

TEMOIGNAGES - Ce vendredi François Hollande préside aux Invalides un hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts. Une partie du personnel soignant présent dans les hôpitaux lors de cette effroyable soirée est invitée: une manière de rendre aussi hommage à tous ceux qui depuis 15 jours sont au chevet des blessés.

Vendredi 13 novembre au soir, dès l'annonce des premières attaques, Anne Pouessel fonce à l'hôpital Saint-Louis pour prendre son poste de coordinatrice aux urgences. Ce vendredi, elle sera, comme il y a quinze jours, auprès des blessés, mais cette fois dans la cour des Invalides. "Je pense que c'est mon devoir parce qu'on représente le service public mais aussi pour les victimes, les familles, explique-t-elle. Vu ce que l'on a fait cette nuit-là, je pense que c'est important d'être présent".

Elle y croisera le regard de celles et ceux dont elle n'avait réussi à calmer l'angoisse. "Toutes ces familles qui recherchaient des enfants, des amis et qui ont fait énormément d'hôpitaux sans les trouver… se souvient-elle. Beaucoup revenait tôt le matin pour vérifier encore une fois… C'est quelque chose de très fort parce qu'on sentait ces gens vraiment désarmés". Autre image qu'Anne gardera en tête lors cette cérémonie, celle de ces blessés sidérés par le drame.

"Des patients auront des séquelles à vie"

"Forcément, on demandait s'il y avait des personnes à prévenir et quand quelqu'un vous répond 'Oui, j'avais mon mari mais il est mort' comme si elle vous parlait d'autre chose… Ça m'a beaucoup marquée", admet Anne Pouessel. Reste maintenant pour ceux qui survivent à continuer de se battre. En effet, 94 personnes sont toujours hospitalisées en Ile-de-France. "Ce que l'on sait c'est que des malades vont avoir plusieurs interventions soit de reconstruction osseuse, soit de reconstructions des structures nobles (nerfs, tendons…)", détaille Rémi Nizard, chef du service de traumatologie de l'hôpital Lariboisière.

"La récupération des moyens va se compter en année et si elle a lieu elle ne sera pas forcément complète. Tous les cas de figure sont possibles", ajoute-t-il. "Parmi les 22 opérés en chirurgie orthopédique, des patients auront des séquelles à vie. C'est-à-dire qu'il y aura un handicap confirme le professeur Emmanuel Masméjean, chirurgien à l'hôpital Pompidou. Il y a eu des amputations de doigts, des lésions du bras, des nerfs… " A noter que 17 blessés se trouvent encore en service de réanimation.

Maxime Ricard avec Claire Checcaglini