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"J'ai un mollet arraché": le témoignage d'un quinquagénaire attaqué par deux rottweilers

Le 11 janvier, à Draguignan, alors qu'il fait son jogging comme à son habitude, François Giannesini (55 ans) est attaqué par deux rottweilers sans laisse. Les molosses lui ont déchiqueté les avant-bras et il ne doit sa survie qu'à un réflexe protégeant son cou, sa tête et son abdomen pendant l'attaque des chiens.

"J’ai cru que je mourrais". François Giannesini revient de loin. Le 11 janvier, alors qu'il fait son jogging hebdomadaire à Draguignan (Var), ce quinquagénaire, officier de réserve dans l'Armée de Terre, est attaqué par deux rottweilers de 45 kg sans laisse et sans propriétaire apparent. "J'ai vu arriver deux rottweilers vers moi. J'ai ralenti mon rythme pour ne pas les exciter et j'ai essayé de ne pas avoir de manifestation particulière pensant qu'il y aurait une espère de round d'observation", explique-t-il ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"En fait, ils m'ont sauté immédiatement dessus. Une fois que j'étais à terre, l'un d'eux a sauté sur mon mollet droit et l'autre s'est attaqué à mes avant-bras. J'ai tout de même eu la lucidité de sacrifier mes avant-bras pour protéger mon cou, mon visage et mon abdomen. Je savais que s'ils s'attaquaient à mon cou, je mourrais en quatre secondes. Je suis resté conscient pendant toute l'agression, j'ai eu une sorte d'instinct de survie", raconte-t-il sur RMC et RMC Story.

120 points de suture

Les cris du joggeur finissent par alerter des passants. D'abord une automobiliste qui tente d'intervenir sans succès, "tétanisée par la violence et la rage des deux chiens", raconte François Giannesini. Le maître des deux molosses finit par arriver et prodigue les gestes de premiers secours au joggeur en lui relevant notamment les jambes, "pour limiter l'hémorragie". Les pompiers arrivés peu après sont à leur tour gênés par la présence des chiens, toujours sur place, et qui lèchent les traces de sang au sol.

Transporté à l'hôpital, François Giannesini est placé sous anesthésie générale pour que les médecins lui posent des pansements et lui fassent 120 points de suture. Il a perdu plus de deux litres de sang. "Mes plaies sont impressionnantes. Un chirurgien m'a dit qu'il n'avait jamais vu ça. Je vais avoir une ou deux greffes de peau sur le mollet droit qui a été en partie bouffé et complètement arraché. J'espère rentrer à mon domicile dans une semaine et entamer un processus de rééducation", ajoute-t-il.

L'enclos des chiens laissé ouvert par mégarde

Une enquête a été ouverte par le commissariat de Draguignan. Le maître des deux chiens, un sous-officier des pompiers, a été auditionné et est poursuivi pour "blessures involontaires". Il risque trois ans de prison et 15.000 euros d'amende. Il assure que les chiens se sont échappés de l'enclos situé à 800 mètres des lieux de l'agression et laissé ouvert "par maladresse".

Selon Var Matin, les deux chiens ont été rendus à son propriétaire et vivent toujours à son domicile. Une "évaluation comportementale" doit être réalisée. Si les rottweilers sont "jugés dangereux", ils seront euthanasiés sur décision du parquet.

Guillaume Dussourt