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"J'ai vu tout noir, je suis tombée": le témoignage d’une victime d’une piqûre en boite de nuit

Des enquêtes ont été ouvertes, notamment à Grenoble, après des piqûres dans des boites de nuit. Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, Zoé (20 ans) a raconté ce qui lui est arrivé.

Faire la fête en boite de nuit et se retrouver à l’hôpital, à cause d’une piqûre à la seringue. Comme d’autres jeunes ces dernières semaines, Zoé (20 ans) a porté plainte, à Grenoble, après avoir été victime d’une piqûre lors d’une soirée.

"J’étais en boîte de nuit jeudi dernier, a-t-elle raconté dans ‘Apolline Matin’ ce vendredi sur RMC et RMC Story. J’ai bu un verre en arrivant et vers 1h du matin, je me suis sentie très mal. J’ai vu tout noir, tout d’un coup, et mes jambes étaient complètement coupées. J’ai essayé de sortir pour prendre l’air et je suis tombée. Je n’avais plus aucune force. J’ai essayé de m’asseoir sur le trottoir. J’ai repris mes esprits. Je n’ai rien vu pendant deux minutes, mais j’arrivais quand même à entendre ce qui se passait autour de moi. C’était assez étrange."

La trace de la piqûre n’a pas été repérée immédiatement. "On m’a tout de suite dit : ‘Tu t’es fait droguer’. On a cherché des traces de piqûre, on n’a rien trouvé, explique Zoé. Mes amis m’ont dit : ‘On va aux urgences, maintenant’. Aux urgences, ils étaient assez étonnés parce que je marchais bien, je parlais normalement. Ils ne trouvaient pas de trace de piqûre. Ils s’attendaient à voir un bleu, une rougeur, et on ne voyait rien. On m’a quand même fait des tests pour le GHB et ce n’était pas ça. Je suis rentrée chez moi et dans la nuit, j’ai eu très mal à la jambe droite. Ça m’irradiait la jambe. J’ai repris rendez-vous le lendemain avec mon médecin et c’est elle qui a vu la trace de piqûre, sur la fesse droite, en haut de la cuisse."

Après cette piqûre, Zoé a dû prendre des médicaments contre le risque d’exposition au VIH. "J’ai pris un traitement le lendemain. Mais je l’ai arrêté parce que je ne le supportais pas très bien. J’avais des nausées. Les médecins ont préféré l’arrêter parce que les risques étaient relativement faibles pour la transmission du VIH", confie la jeune Grenobloise, qui "va mieux physiquement" mais reste marquée. "Mentalement, c’est un peu plus dur de passer au-dessus de ça. Je suis quand même encore sous le choc", explique Zoé.

"Une douzaine" de cas à l’hôpital cette nuit-là

Elle n’est pas encore prête à retourner en boite de nuit. "J’aurais beaucoup de mal à me retrouver dans des endroits où il y a une foule, confie-t-elle. Je ne vois pas comment on peut éviter ça, c’est une piqûre à la seringue. N’importe qui de mal intentionné peut nous piquer comme ça… Ce qui m’inquiète, c’est que je me dis qu’on ne peut rien faire contre ça." Et elle est certaine de ne pas avoir été la seule victime d’une piqûre de la sorte ce soir-là.

"Quand j’ai commencé à aller mieux, il y a un jeune homme qui est tombé à côté de moi et qui disait à ses copains qu’il ne se sentait pas bien, qu’il n’avait pas bu mais que ça n’allait pas. On a discuté, il pensait qu’il avait été drogué aussi. Le lendemain, quand je suis retournée aux urgences, on m’a dit qu’on avait été une douzaine à être venus cette nuit-là, de la même boite." Huit plaintes ont été déposées à Grenoble et dix à Béziers, où des enquêtes ont été ouvertes.

LP