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"J'aurais fait comme elle": décision en appel attendue pour Priscilla Majani

Priscilla Majani a été condamnée à 5 ans de prison en septembre 2022 pour avoir enlevé sa fille avant de disparaître avec elle pendant 11 ans, pour la protéger de son père qu'elle accuse d'inceste. La décision de la Cour d'appel est attendue ce mercredi après-midi dans ce dossier où des personnalités ont apporté leur soutien à la mère.

La cour d'appel d'Aix-en-Provence doit trancher ce mercredi après-midi sur le sort de Priscilla Majani. Cette mère, actuellement détenue à la prison des Baumettes à Marseille, a été condamnée en première instance à 5 ans de prison pour avoir soustrait sa fille à son père pendant 11 ans après l'avoir accusé d'inceste.

Depuis quelques semaines, des anonymes et des personnalités comme Andréa Bescond, Enora Malagré ou encore Alex Lutz lui apportent leur soutien avec un mot d'ordre sur les réseaux sociaux: "J'aurais fait comme elle". Une pétition a même recueilli 12.000 signatures, réclamant une relaxe pour la prévenue.

"C'était la seule issue possible"

Il y a 11 ans, Priscilla Majani a fui la France avec sa fille de 5 ans. Camille avait accusé son père d'inceste et l'enquête avait été classée sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée, comme le rappelle son avocate Myriam Guedj-Benayoun.

"C'était la seule issue possible, car beaucoup de parents se retrouvent dans la situation de Priscilla et sont obligés de remettre leurs enfants aux parents accusés par l'enfant comme agresseurs", explique-t-elle.

C'est aujourd'hui la mère qui est mise en cause pour avoir rompu les liens père-fille. "Parce que c'est trop dur à voir, l'inceste, et c'est bien plus facile de condamner quelqu'un pour non-représentation d'enfant", estime l'avocate.

"Il y a la volonté de faire un symbole, sauf que ce n'est pas le bon dossier", défend l'avocat du père

L'histoire de Priscilla résonne pour plusieurs centaines de mères dites protectrices, identifiées par la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. Mais pour l'avocat du père, Me Olivier Ferri, les soutiens de Priscilla Majani se trompent de dossier.

"Il y a la volonté de faire un symbole, sauf que ce n'est pas le bon dossier. La particularité, c'est que madame Majani a tout tenté pour priver le père de l'enfant", assure-t-il.

La justice prononce en moyenne 700 condamnations par an pour non représentation d'enfants. Il s'agit à 80% de femmes. La décision est attendue à 14h ce mercredi à la cour d'appel d'Aix.

Marion Dubreuil (édité par J.A.)