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"J'avais chaud, la tête qui tourne, des sueurs": en boîtes de nuit, les témoignages d'empoisonnements au GHB se multiplient

Depuis le début de l'année universitaire, les signalements de personnes droguées au GHB à leur insu se multiplient. Les patrons de bars et de boîte de nuits s'organisent pour tenter de lutter contre ce fléau.

C'est lors d'une soirée en boîte de nuit il y a dix jours qu'Emma, étudiante en première année à Strasbourg, a commencé à se sentir mal: "J'avais chaud, j'avais la tête qui tourne, des sueurs, alors que je n'avais pas beaucoup bu". Grâce à une amie, elle évite le pire:

"Elle m'a sorti de la boîte de nuit mais j'étais totalement inconsciente. Elle a appelé le Samu qui est venu me chercher et m'a conduite à l'hôpital. En fait on m'avait mis de la drogue dans mon verre".

Elle attend la confirmation de son empoisonnement par l'hôpital mais les signalements affluent partout en France. Bordeaux, Montpellier, Nancy, Tours...

Depuis le début de l'année universitaire, des histoires similaires à celle d'Emma sont rapportées. À Montpellier, la fédération des étudiants assure avoir reçu 2 fois plus de signalements en 1 mois que chaque année habituellement. À Tours, 7 plaintes ont été déposées et une enquête a été ouverte assure La Nouvelle République.

"Ce problème commence à être récurrent"

Le GHB est soupçonné d'être à l'origine de ces faits; ce produit liquide, plus communément appelé "drogue du violeur", est versé dans les verres de clients sans qu'ils s'en rendent compte dans des bars et boîtes de nuit. Il n'y a pas encore de statistiques officielles, mais les témoignages sur les réseaux sociaux sont en hausse.

"Ce problème commence à être récurrent lors de grosses soirées étudiantes et même le week-end", concède Sébastien Loger, le patron d'une boîte de nuit à Avignon, qui a eu un cas potentiel dans son établissement il y a 15 jours.

"En tant que professionnel de la nuit on se devait d'agir rapidement. On a donc des caches-verres et des protections pour verres qu'on a commandé en grosse quantité. On fait beaucoup de prévention aussi et c'est un moyen relativement efficace", assure-t-il.

Le parquet d'Avignon a été alerté de ces faits et une enquête a été ouverte par la gendarmerie. Une réunion sur le sujet est prévue entre le monde de la nuit et les autorités cette semaine dans la région.

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Nicolas Ropert et Martin Juret (avec Guillaume Dussourt)