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"Je suis coincée dans une vie d’enfer": une rescapée de l'attentat de Nice témoigne

La promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016, au lendemain de l'attentat qui a fait 86 morts.

La promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016, au lendemain de l'attentat qui a fait 86 morts. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Shana était à Nice avec ses grands-parents le 14 juillet 2016. Elle a échappé de peu à l'attentat ce soir-là. Elle affirme que depuis, sa vie a basculé évoquant notamment des problèmes psychiques et psychologiques ce mercredi à l'audience.

Au procès de l’attentat de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, la cour a entendu ce mercredi le témoignage d’une jeune rescapée: "J’avais 15 ans ce soir-là", rappelle Shana vêtue d’un chemisier blanc et d'un pantalon noir, les cheveux blonds ramassés en queue-de-cheval.

"J’étais comme tous les ans en vacances avec mes grands-parents à Nice". Elle raconte la suite au présent en relisant parfois ses notes. "Ce soir-là, je suis heureuse rien ne m’arrêtera", elle arpente la promenade main dans la main avec sa grand-mère pour aller de scène en scène.

“Je tourne la tête à gauche et j’aperçois un gros camion qui me fonce dessus. J’ai crié, ‘je ne veux pas mourir’”, se remémore-t-elle.

Des séquelles psychiques importantes

Elle est à moins de trois mètres de la trajectoire du poids lourd. Elle décrit ensuite les corps étalés par terre, évoquant notamment ce “musicien qui se cache derrière sa trompette”, “cette poussette renversée“, le sang sur le bitume. Des images qui se répètent en boucle. La voix de la jeune fille tremble.

“Je suis une nouvelle Shana, je suis agressive, en échec scolaire, coincée dans une vie d’enfer”, indique-t-elle.

Elle énumère les insomnies, les troubles alimentaires, et même une tentative de suicide. Des séquelles psychiques qui l’empêchent de mener une vie normale. “Je suis incapable de tenir un volant. Pour moi conduire, c’est tuer”, confie-t-elle.

Elle n’a jamais reparlé du 14 juillet avec ses grands-parents, et n’est jamais retournée à Nice avec eux. Ce sont d’autres victimes qui l’ont convaincue de témoigner ce mercredi. “J’avais besoin de dire tout haut ce que je vis aujourd’hui. C’était maintenant ou jamais”, a-t-elle expliqué.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours