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Procès de l'attentat de Nice: François Hollande a été entendu sur le dispositif de sécurité

François Hollande, Bernard Cazeneuve et François Molins sont tous passés à la barre au procès de l'attentat de Nice, ce lundi. Au programme, des questions sur le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet 2016 avec une question: y a-t-il eu un relâchement après l'Euro 2016 en matière de sécurité?

Journée particulière ce lundi au procès de l’attentat de Nice, avec les auditions de trois acteurs clés au moment des faits: François Molins, le procureur de Paris qui avait compétence antiterroriste à l'époque et qui a ouvert l’enquête préliminaire, le président François Hollande et son ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Au cœur des débats, la question du dispositif de sécurité le soir du 14 juillet à Nice et un éventuel relâchement de la vigilance après l'Euro 2016 de football, qui venait de s'achever le 10 juillet.

Le 14 juillet 2016, François Hollande est au festival d’Avignon, où a été affecté un escadron de gendarmes mobiles. “Et pourquoi pas à Nice?”, demande un avocat de la partie civile. “Ce n’était pas sur mon instruction”, se défend le président.

Pour la première fois depuis longtemps, la salle d’assises est pleine. Et l’audition de l’ex-chef d'État tourne à l’interrogatoire. Les parties civiles attendent des réponses sur les failles du dispositif de sécurité. Le président n’a pas toutes les réponses loin de la. “Il y a une instruction en cours à Nice”, rappelle François Hollande à la barre.

Pas de signalement de risque de passage à l'acte

Après lui, Bernard Cazeneuve doit lui aussi botter en touche face aux questions pressantes de la cour. Pourquoi les niçois ont l’impression qu’il y avait beaucoup moins de policiers que pour l’Euro? Pourquoi ne pas avoir mis de plots de béton sur la promenade ? “Il y avait 15.000 manifestations organisées en France, je n’entre pas dans ce degré de détails”, répond l’ex-ministre de l’Intérieur. “Je donne de grandes orientations, c’est aux préfectures de les mettre en œuvre”, se justifie-t-il.

Le ministre de l’Intérieur qui a également assuré qu’il n’avait “aucun signalement concernant un individu susceptible de passer à l'acte".

Citant un rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), l'ancien ministre a indiqué que 64 policiers nationaux étaient mobilisés sur la Promenade des Anglais, 107 pour tous les événements du 14 juillet à Nice et 197 sur l'ensemble de la circonscription, des chiffres "de 20% supérieurs aux effectifs mobilisés l'année précédente".

Le maire de Nice Christian Estrosi ainsi que celui qui occupait ces fonctions lors des faits, Philippe Pradal, seront eux entendus au procès le 20 octobre.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours