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La Bonne bière, le premier des cafés visés lors des attentats du 13 novembre à rouvrir

Le café La bonne bière, dans le 10e arrondissement de Paris va rouvrir ses portes ce vendredi, trois semaines après les attentats de Paris. Le café avait été visé par le commando des terrasses, qui avait abattu cinq de ses clients.

C'était la deuxième étape de l'équipée macabre du commando des terrasses. Le vendredi 13 novembre à 21h32, cinq personnes attablées à la terrasse du café La bonne bière, dans le 10ème arrondissement de Paris, tombait sous les balles. Trois semaines après, ce vendredi 4 décembre, le café va ouvrir ses portes à nouveau. Accueillir des jeunes en terrasses comme il l'a toujours fait.

Aujourd'hui, La bonne bière ne porte plus les stigmates de cette terrible soirée. Il n'y a plus aucun impact de balle sur la devanture. Il reste les fleurs par centaines, les drapeaux bleu-blanc-rouge et les messages de soutiens qui réchauffent le cœur et donne du courage pour rouvrir. A l'intérieur les lumières se sont rallumées, et des ouvriers s'affairent.

"C'est difficile pour tout le monde, mais il faut se relever"

C'est Selim qui est chargé des travaux de rénovation. Des travaux pénibles vu le contexte. "C'est difficile pour tout le monde, mais il faut se relever, il ne faut pas laisser tomber et baisser les bras". Rouvrir, faire des travaux, reprendre le service… "Il le fallait pour des raisons psychologiques", explique le patron du bar dans Le Parisien. Ce sera ses seuls mots, aujourd'hui il préfère rester discret et se concentrer sur les derniers préparatifs. Selim et son collègue ont attaché une banderole blanche au-dessus du café. En grosses lettres noires dessus, ce message : "Nous sommes en terrasse". "C'est bien, c'est une preuve de force de rouvrir", encourage Selim, recueillant l'approbation de son collègue: "Oui c'est bien, il faut le faire".

"Depuis qu'il n'y a plus de terrasse, il n'y a plus de jeunes"

Les autres commerçants du quartier se félicitent eux aussi de l'imminence de la réouverture du bar. "Il faut ouvrir, persévérer. La vie continue, encourage Merez. Et puis Paris sans terrasse, c'est 40% de charme en moins". "Depuis qu'il est fermé, le quartier est triste. Depuis qu'il n'y a plus de terrasse, il n'y a plus de jeunes". En attendant vendredi, les hommages, parfois en musique, se poursuivent. La guitare, et les sourires, avant de retrouver ceux des clients assis en terrasses.

Quelques rues plus loin, dans le XIe arrondissement, le Petit Cambodge, où 15 personnes ont perdu la vie, est lui aussi en pleins travaux mais n'espère rouvrir qu'en janvier.

Philippe Gril avec Thomas Chupin