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Médecin sanctionnée pour propos discriminatoires: "Elle m'a dit que j'étais la honte de toutes les femmes"

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Selon nos informations, le Conseil de l’Ordre des médecins de Rhône-Alpes a sanctionné une médecin généraliste d'Isère d’un mois avec sursis d’interdiction d’exercer car elle a tenu des propos discriminatoires à l'encontre d'une femme voilée. Il s'agit d'Anissa (prénom d'emprunt) qui a accepté de témoigner ce jeudi sur RMC.

"C'est une décision que j'attendais depuis longtemps. Je suis satisfaite et soulagée à partir du moment où le Conseil de l'Ordre des médecins a entendu ma plainte et a pris cette décision de la sanctionner. Je suis d'autant plus satisfaite qu'elle a été jugée par ses pairs et que la sanction est là et qu'elle est satisfaisante. C'est ce que j'attendais de leur part.

Dans un premier temps, quand j'ai vu qu'elle avait écopé d'un mois avec sursis je n'avais pas trop compris le sursis. Mais après réflexion je me suis dit que de toute façon elle avait été jugée par ses collègues, sanctionnée et c'est vraiment ce que j'attendais. Je voulais que l'Ordre des médecins reconnaisse qu'un médecin n'avait pas fait son travail, qu'elle n'avait pas respecté le serment d'Hippocrate, qu'elle n'avait pas respecté le serment de déontologie. C'était donc satisfaisant.

"Je ne peux pas encore tourner la page"

Sa mission première est d'écouter et de soigner son patient et non de l'insulter. Elle m'a humiliée en tant que femme, en tant que mère, en tant que patiente. Elle m'a quand même dit que j'étais la honte de toutes les femmes, que j'avais des substances pas normales dans le sang… Elle a vraiment dit des choses terribles.

Malgré cette sanction, je ne peux pas encore tourner la page parce qu'au départ le procureur de Chambéry avait rejeté ma plainte. Je veux donc désormais être reconnue comme victime par la justice, qu'elle dise que ce qui s'est passé est inadmissible et que ça n'arrive plus jamais".

Maxime Ricard avec Juliette Droz