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Mort de Morgan Keane: deux chasseurs comparaissent pour "homicide involontaire"

En décembre 2020, Morgan Keane est mort après avoir été touché en pleine poitrine par le tir d'un chasseur sur sa propriété. Le procès de deux chasseurs, qui participaient à cette battue, s'ouvre ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Cahors. Ils encourent jusqu'à cinq ans de prison.

C’est un procès très attendu qui a lieu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Cahors. Deux chasseurs comparaissent pour "homicide involontaire", deux ans après la mort de Morgan Keane. Ce jeune homme de 25 avait été touché par un tir en pleine poitrine, alors qu'il coupait du bois sur sa propriété du Lot en décembre 2020. C'est au cours d'une battue "totalement désorganisée", selon les enquêteurs, que ce Franco-Britannique, pris pour un sanglier, a été mortellement touché. Un accident de chasse qui a traumatisé une grande partie de la petite commune de Calvignac, entre Cahors et Cajarc.

Christine connaissait bien Morgan. Pour elle, impossible d’oublier son visage.

“Morgan est avec nous pour toujours, les gens qui l’ont connu, qui l’ont aimé. Pour moi, il est dans mon cœur pour toujours, Morgan”, indique-t-elle

Encore très émue, Christine est revenue sur les lieux du drame. Quasiment deux ans après, elle en veut beaucoup aux chasseurs. “Ils savaient qu’il y avait des gens-là. Ils avaient vu que c’était habité, ils avaient vu Morgan. Ils savaient que c’était habité, donc on fait quand même attention, quoi”, dénonce-t-elle.

Cinq ans de prison encourus

Pour l’avocat de la famille de Morgan, Maître Benoît Coussy, un drame comme celui-là ne doit plus se reproduire.

Les règles de sécurité, en matière de chasse, ne sont pas appliquées comme il faut. La famille de Morgan réclame plus de sévérité, plus de prévention et plus de sanctions à la fois pénales et disciplinaires."

Pour la fédération de chasse du Lot, il y a eu des erreurs commises ce jour-là. C’est pour cela que son président Michel Bouscary se porte partie civile. “On veut comprendre comment un chasseur, en l’occurrence le tireur, est arrivé ce jour-là, a lâché une balle qui a pu tuer quelqu’un”, s’interroge-t-il.

Pour cet homicide involontaire, aggravé par le non-respect des règles de chasse, les deux prévenus risquent une peine de cinq ans de prison.

Jean-Wilfrid Forquès avec Guillaume Descours