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Morts sur le Pont-Neuf: des manifestations organisées ce lundi en soutien au policier mis en examen

Interrogé sur RMC, le secrétaire général du syndicat de police Alliance dénonce la qualification retenue pour la mise en examen du policier qui a tué deux hommes le 24 avril, l'estimant "extrêmement élevée".

Pour protester contre une décision des juges d'instruction qu'ils jugent "inadmissible", les syndicats de police appellent à manifester ce lundi. Alliance, Unsa et Synergies se rassembleront à 12 heures place Saint-Michel à Paris pour montrer leur soutien au policier mis en examen pour homicide volontaire et placé sous contrôle judiciaire après avoir tué par balles deux hommes sur le Pont-Neuf le 24 avril dernier.

Armé d'un fusil d'assaut, le policier de 24 ans a ouvert le feu sur le conducteur d'une voiture et son passager, âgés de 25 et 31 ans, qui auraient tenté de se soustraire à un contrôle. Ils sont morts sur place et un troisième homme a été blessé.

Alors que l'avocat du policier Me Laurent-Franck Liénard a estimé sur RMC que cette manifestation risque de mettre de l'huile sur le feu et "d'énerver tout le monde", Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat de police Alliance, a défendu sur RMC ce lundi les raisons de ce rassemblement.

"C’est avant tout une marque de soutien par rapport à notre collègue" a commencé Stanislas Gaudon avant de poursuivre: "la qualification d’homicide volontaire retenue par les magistrats instructeurs est extrêmement élevée. [...] C’est disproportionné par rapport à ce qui a pu être fait. Nous ne remettons pas en cause l’enquête, c'est la procédure normale. La mise en examen ne vaut pas culpabilité mais on commence à enclencher la roue crantée de l’homicide volontaire donc du meurtre."

"Une décision prise en un dixième de seconde"

Le représentant syndical "espère que toute la lumière sera faite" sur les circonstances des faits et a tenu à rappeler le contexte dans lequel le fonctionnaire de police a tué les deux hommes.

"Je rappelle que c'est une décision qui est prise en un dixième de seconde, je rappelle que c’est un véhicule qui fonce sur nos collègues, qu'on est sur le Pont-neuf, qu'ils roulent à contre-sens et que c'est juste à proximité du procès des attentats, donc tout ce contexte-là fait qu'on doit prendre en considération l'ensemble des éléments qui ont conduit à ce que le policier riposte" a rappelé Stanislas Gaudon.

"Le policier n'a pas été déclaré coupable"

En qualifiant "d'inadmissible" la décision des juges d'instruction de mettre en examen le policier pour homicide volontaire, le syndicat Alliance "ne supporte pas qu'il y ait une enquête pour déterminer les circonstances dans lesquelles l'usage de cette arme a été mené", a dénoncé Sophie Legrand, secrétaire générale du syndicat de la magistrature.

"On n'est qu'au stade de la mise en examen, le policier n'a pas été déclaré coupable à ce stade" a-t-elle rappelé, ajoutant qu'il n'est "pas exclu qu'à un moment donné de l'enquête la légitime défense soit appliquée".

Pour la représentante de la magistrature, "il paraît normal" que la justice enquête "pour voir si on était sur un usage de l'arme proportionné et adapté" car "deux personnes sont décédées."

Des rassemblements de soutien au policier mis en examen sont organisés dans une quarantaine de villes ce lundi de Lille à Marseille en passant par Bordeaux et Strasbourg.

Emilie Roussey