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"N’assimilant pas l’autorité et l’alcool aidant ils s’en sont pris à moi": agressé, le maire de de Saint-Philippe-d'Aiguille plaide pour le retour du service militaire

Philippe Bécheau, maire de Saint-Philippe-d'Aiguille, s’est fait agresser après avoir voulu intervenir pour une partie de pétanque un peu trop bruyante mardi. Invité de RMC ce jeudi, il a assuré qu'il continuerait son mandat de maire, assurant vouloir "s'engager plus".

Après le maire de Miribel-les-Echelles (Isère) et celui de Tréclun, en Côte-d'Or, c’est l’édile du village de Saint Philippe d'Aiguille en Gironde qui a été victime d’une agression mardi cette fois pour une histoire de tapage nocturne. Philippe Bécheau souffre de plusieurs hématomes et a eu des points de suture au coude, après avoir demandé à un groupe de personnes présent sur la place du village de 400 habitants de faire moins de bruit.

"J’ai reçu deux messages d’habitants, un à 19h et un autre à 22h30 pour du tapage sur la place du village. Il y avait des joueurs de pétanque avec de la musique très forte et fortement alcoolisé qui n’étaient pas du village", explique ce jeudi matin sur RMC Philippe Bécheau.

"Heureusement qu’il était alcoolisé parce que ses mouvements n’étaient pas très coordonnés"

"Je me suis présenté en ma qualité de maire, je me suis retrouvé face à un demi-cercle avec visiblement le chef du groupe âgé d’une quarantaine d’années et d’autres plus jeunes. Ils ont vite compris, il savait qu’ils faisaient trop de bruit. N’assimilant pas l’autorité et l’alcool aidant ils s’en sont pris à moi. L’un d’eux m’a frappé, heureusement qu’il était alcoolisé parce que ses mouvements n’étaient pas très coordonnés", détaille l’élu.

Pas question pour autant de renoncer à son mandat de maire et à ses fonctions d’élu : "J’ai réfléchi à l’hôpital, je me suis dit que j’allais arrêter mais ce n’est pas l’éducation que j’ai donné à mes enfants. Je vais continuer mais peut être différemment. Je vais peut-être m’engager plus. Il faut que l’on trouve un moyen de rendre nos jeunes et moins jeunes plus enclins à vivre ensemble".

Pour un retour du service militaire

Et ce moyen, Philippe Bécheau pense l’avoir trouvé. Le maire de Saint-Philippe-d'Aiguille qui déplore la fin du service militaire en 1997, estimant que sa suspension est "une erreur", pense que son retour permettrait de canaliser la jeunesse.

"Cela permettait d’avoir une photographie de notre jeunesse. On arrivait peut-être à canaliser les plus turbulents. On apprenait à lire à ceux qui ne le savaient pas, on offrait des formations et on offrait parfois le permis. Et surtout, ils avaient l'ordre. Quand on portait le képi et que l'on faisait le couillon, on allait au trou ou on n’avait plus de permission", assure Philippe Béchau.

Après son agression, l’élu a déposé plainte jeudi auprès de la gendarmerie. Il a reçu le soutien du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui a condamné l’acte. Il s’est également entretenu par téléphone avec le Premier ministre Jean Castex qui lui a aussi apporté son soutien. Cette énième agression d’un maire intervient un an jour pour jour après la mort de Jean-Mathieu Michel, maire de Signes dans le Var, renversé par une camionnette dont il voulait verbaliser les occupants qui déversaient illégalement des gravats.

Guillaume Dussourt