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Nord: six personnes jugées pour "torture et barbarie" sur un enfant de deux ans

Six adultes accusés d'actes de torture et de barbarie sont jugées à la cour d'assises de Douai, à partir de ce lundi (illustration).

Six adultes accusés d'actes de torture et de barbarie sont jugées à la cour d'assises de Douai, à partir de ce lundi (illustration). - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le procès de six adultes, accusés notamment "d'actes de torture et de barbarie", s'est ouvert ce lundi aux assises de Douai (Nord). Confié à des amis de ses parents en 2018, le garçon, alors âgé de deux ans, a subi un déchaînement de violences inouïes pendant deux semaines.

Un petit garçon de deux ans a vécu l'insoutenable et l'inqualifiable pendant deux semaines en 2018, alors qu'il avait été confié chez des amis de ses parents. Il n'était encore qu'un bébé quand il a été battu, presque à mort, à Auberchicourt, dans le Nord.

Ce lundi, le procès des six personnes accusées d'avoir commis ces actes s'est ouvert à la cour d'assises de Douai. Certains sont poursuivis pour des "actes de torture et de barbarie" et d'autres pour ne pas être intervenus.

Le principal accusé est apparu voûté dans le box, un oeil au beurre noir après avoir été frappé en prison, selon son avocat. À ses côtés, sa compagne fixe le sol. Tous deux jugés pour "actes de torture et de barbarie", avec deux autres hommes.

Hospitalisé et placé en coma artificiel

La mère de l'enfant est soupçonnée d'avoir assisté à certains épisodes de violence contre son fils. Elle est poursuivie pour "non dénonciation" de crime et de mauvais traitements, privation de soins, mais aussi pour des violences régulières sur ses deux fils. Elle comparaît libre. Une dernière proche est jugée pour n'avoir ni dénoncé ni empêché les crimes.

Les sévices subis par le jeune garçon avaient lieu notamment lors de soirées alcoolisées avec des proches. Hospitalisé le 18 décembre 2018, il est rapidement placé en coma artificiel, pour tenter d'assurer la continuité de ses fonctions vitales. Il présente, à ce moment, un traumatisme crânien grave, de nombreux hématomes et lésions, et des fractures du bassin et du tibia.

L'avocat du petit garçon, Alain Reisenthel, assure que l'enfant, aujourd'hui âgé de sept ans, souffre "d'importantes séquelles neurologiques et psychologiques".

Piétiné, privé de sommeil, utilisé comme un ballon

Les trois hommes qui comparaissent sont notamment soupçonnés de l'avoir utilisé "comme un ballon de football", qu'ils s'envoyaient à coups de pied. Le petit garçon aurait été ligoté avec du scotch, piétiné, poussé dans les escaliers et privé de sommeil. L'enquête pointe du doigt un "effet de groupe" dans cette "escalade de violences", sur fond d'alcool et de forte précarité sociale et affective. Les six accusés étaient âgés de 22 à 29 ans au moment des faits.

Le principal accusé a reconnu lors de l'enquête son rôle prépondérant, et des violences antérieures moins graves, évoquant notamment sa consommation d'alcool excessive. Selon lui, la mère, dépassée, lui avait confié son fils pour "le calmer". Avec sa compagne, ils sont également jugés pour des violences régulières sur leurs filles. Dans le Lot, où ils vivaient précédemment, ils avaient été signalés aux services sociaux.

AB avec AFP