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Notre-Dame de Paris: où en est l'enquête ?

Après l'incendie de Notre-Dame de Paris, une enquête pour "destruction involontaire par incendie" a été ouverte. Dans la foulée, une quinzaine d'ouvriers ont été auditionnés par les enquêteurs.

Ravagée lundi par un incendie, apparemment accidentel, Notre-Dame de Paris a été défigurée mais ne s'est pas totalement effondrée grâce à l'intervention des pompiers qui ont sauvé la structure de l'édifice, qu'Emmanuel Macron a promis de "rebâtir".

"Le pire a été évité même si la bataille n'est pas encore totalement gagnée", a déclaré le chef de l'Etat sur le parvis de l'édifice sinistré. Mais "cette cathédrale, nous la rebâtirons", a-t-il promis.

Au milieu de la nuit, les pompiers ont annoncé que le feu, qui a pris peu avant 19h, avait été "maîtrisé" mais qu'il restait des "foyers résiduels à éteindre".

Les flammes ont dévoré la charpente, longue de plus de 100 mètres et baptisée "la forêt". Le feu serait parti vers 18h45 au niveau des échafaudages sur la toiture de Notre-Dame et de ses combles, ont estimé les pompiers dans un premier temps, liant ainsi les travaux avec l'incendie. Une enquête pour "destruction involontaire par incendie" a été ouverte, privilégiant ainsi la piste accidentelle.

L'incendie de Notre-Dame de Paris a détruit la charpente et la flèche, qui culmine à 93 mètres, s'est écroulé. Les sapeurs-pompiers de Paris ont réussi à maîtriser l'incendie vers 3h40 du matin après 9 heures de combat contre les flammes.

Deux alertes à 20 minutes d'intervalle

Une enquête a été ouverte pour "destruction involontaire par incendie", a annoncé le parquet de Paris. Le procureur de la République de Paris a indiqué mardi que la piste accidentelle était privilégiée après l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, ajoutant que "rien ne va dans le sens d'un acte volontaire".

Une quinzaine d’ouvriers travaillant sur le chantier de la flèche de Notre-Dame de Paris ont déjà été auditionnés dans la nuit après l’incendie qui a ravagé la cathédrale. 

"Cinq entreprises intervenaient sur le site. Dès aujourd'hui, ont débuté des auditions d'ouvriers d'employés de ces entreprises. Une quinzaine sont prévues. Ils sont une quinzaine à être intervenus, à avoir été présents hier", a précisé Rémy Heitz, ajoutant que la direction de la police judiciaire parisienne mobilisait près de 50 enquêteurs sur cette enquête.

Le procureur a expliqué qu'il y avait "eu une première alerte à 18H20 suivie d'une procédure de levée de doutes mais aucun départ de feu n'a été constaté". "Il y a eu une deuxième alerte à 18H43, et là, le feu a été constaté au niveau de la charpente. Entretemps, l'église avait été évacuée puisqu'une messe avait débuté peu avant".

Les investigations seront "longues complexes", a prévenu Rémy Heitz, mais a-t-il promis "tous les moyens sont mis en oeuvre pour arriver à la vérité, pour connaître l'origine de ce terrible incendie".

Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur a affirmé mardi matin que le "péril du feu" était "écarté" à la cathédrale Notre-Dame de Paris, en proie à un gigantesque incendie depuis lundi soir, mais que la question était désormais de savoir "comment la structure allait résister". 

"Le péril du feu étant écarté, le sujet est bâtimentaire: savoir comment la structure va résister au très grave incendie de cette nuit", a déclaré Laurent Nuñez devant la presse peu avant 7h du matin. "Il y aura donc à 8h une réunion avec des experts, des architectes du bâtiment de France pour essayer de déterminer si la structure est stable, et si les sapeurs-pompiers peuvent s'engager à l'intérieur pour continuer leur mission", a-t-il ajouté.

Gwladys Laffitte (avec Guillaume Dussourt)