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"On dit de ne pas laisser passer nos enfants par cette place": après le meurtre d'un policier à Avignon, les habitants dénoncent la violence quotidienne et le trafic de drogue

Après le meurtre d'un policier mercredi à Avignon, les habitants du quartier où a eu lieu le drame dénonce un climat de violence et un point de deal signalé depuis plusieurs années.

Les coups de feu retentissent mercredi au pied de son immeuble. Enzo croit d’abord entendre des pétards. Il descend et comprend qu’un homme est blessé par balle: "J'ai vu un homme à terre qui se faisait faire un massage cardiaque par un autre policier et encore un autre fonctionnaire qui était en larmes. J'ai tout de suite compris en voyant le brassard police que c'était un policier à terre".

La scène a eu lieu sur un parking entouré d’habitation. Un point de deal très connu des riverains, explique Michel, gêné depuis des années par les dealers: "Le bruit, tard le soir, c'est un peu ce qui nous faisait souffrir. On ne pensait jamais qu'on pourrait en venir aux armes. On est abasourdis, c'est affligeant et douloureux".

"C’est un coupe-gorge"

"Depuis 6 ans on dit de ne pas laisser passer nos enfants par cette place à 19h. On a peur. La rue Thiers c’est un coupe-gorge. Tous les jours les gens dénoncent la violence et les deals. Ce n’est pas la guerre des jeunes contre les flics c’est une violence douce qu’est faite au quotidien", raconte une autre riveraine.
"Savoir que ma fille passe par une place où des gamins ont des armes, cela me pose des questions autant pour le gamin qui a l’arme qu’on a abandonné à un moment, que pour ma fille qui risque de s’en prendre une", ajoute-t-elle.

C’est derrière le mur de son jardin que le policier a été abattu. Depuis sa fenêtre Michel observe maintenant les riverains comme Béatrice venu déposer des fleurs: "J'ai deux enfants militaires et ça me touche d'autant plus, ça peut leur arriver. Ce sont des héros, ils partent le matin et ils ne reviennent pas le soir parce qu'ils ont fait leur travail". Régulièrement des groupes de policier en uniforme viennent se recueillir. Certains sont en pleurs. Au sol il ne reste qu’une tache de sang recouverte de sable. En attendant, le tueur est lui toujours en fuite. Une toxicomane témoin du drame était toujours en garde à vue jeudi. 

Bettina de Guglielmo et Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)