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Police de sécurité du quotidien: une bonne mesure? Ca fait débat sur RMC

Annoncée par Gérard Collomb qui promet un "nouvel état d'esprit", la "PSQ" laisse pourtant les syndicats policiers dubitatifs.

Va-t-elle faire baisser la délinquance? Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a présenté la police de sécurité du quotidien, ou PSQ, qu'il définit comme un "nouvel état d'esprit", et même une "révolution". Davantage de moyens dans des quartiers difficiles et un "nouvel état d'esprit" qui se veut plus proche de la population: toutefois, l'initiative laisse dubitatives les forces de l'ordre.

La police de sécurité du quotidien ne met ainsi pas en place de nouvelles brigades spécialisées, mais additionne les annonces et promesses, et recycle aussi pas mal de chantiers déjà ouverts: des brigades de contact en gendarmerie à la création d'amendes forfaitaires pour certains délits (usage de cannabis notamment), en passant par la prévention des suicides chez les forces de l'ordre ou les "caméras-piétons" pour les contrôles d'identité.

30 quartiers difficiles

Au chapitre des nouveautés, Gérard Collomb a annoncé que, d'ici à janvier 2019, trente quartiers difficiles bénéficieront de "moyens supplémentaires" - un renfort de 15 à 30 policiers à chaque fois. Trente autres quartiers suivront d'ici 2020. Au total, 1.300 effectifs supplémentaires y seront affectés. Ces quartiers de "reconquête républicaine" sont ciblés en zone police: entre autres, Trappes (Yvelines), Gros Saule à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Neuhoff à Strasbourg, les quartiers nord de Marseille, Lille-Fives et le Mirail à Toulouse. 

Rapidement Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, s'est réjoui de la nouvelle: "Le Mirail est retenu avec 15 à 30 policiers nationaux de plus qui vont être dédiés, qui vont donc se spécialiser et intervenir de manière particulière sur un territoire qui en a beaucoup besoin".

"Insuffisant!"

"Insuffisant!" selon Christophe Amans du syndicat Unité-SGP Police Haute-Garonne, au vu des 40.000 habitants du Grand Mirail: "C'est vraiment pas assez. On le dit depuis de nombreuses années, il nous faut au minimum 100 à 150 postes créés de fonctionnaires de polices sur Toulouse pour pouvoir équilibrer les effectifs". 

D'autant que ces 10.000 postes créés, annoncés par Gérard Collomb, sera répartis dans toute la France d'ici la fin du quinquennat, ne formeront pas une brigade spécialisé de la PSQ. Ils seront répartis dans les unités déjà en place.

Proclamant la "fin de la politique du chiffre", le ministre de l'Intérieur souhaite enfin "que ce soient les Français qui évaluent leur police, pas uniquement des séries statistiques". Il évoque le recours à des enquêtes de satisfaction.

Matthieu Rouault & X.A